‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 29 sur 229 · LIVRE X«.— OÎAPITUE IIP · texte numérisé non relu

LIVRE X«.— OÎAPITUE IIP

ce qui le détermine. Tout être implique une force interne qui le maintient et le développe, une forme qui le spécifie, un principe qui opère en lui Tunité sans laquelle son existence seroit contradictoire.

Ceci est non seulement évident pour Tesprit, mais c'est encore, indépendamment de toute idée spéculative, Texpression la plus simple, la plus complette des faits observés. Où, dans l'Univers, ne reconnoît-on pas la manifestation simultanée des trois énergies que la substance implique? Quel est le phénomène qui ne se résolve pas dans un phénomène de mouvement, un phénomène de forme, un phénomène d'union?

Donc ces trois causes, perpétuellement, universellement agissantes, doivent dans le monde physique se caractériser sous des conditions perpétuelles comme elles, universelles comme elles ; ce qui, de nouveau, nous ramène à concevoir dans l'éther trois propriétés essentielles, primitives, nécessaires, spécifiées pour nous dans les fluides que la Science nomme électricité, lumière, calorique, puisqu'il est impossible de remonter au-delà, à aucunes énergies, aucunes causes physiques antérieures et plus générales.

Ces trois fluides, ou, plus exactement, ces trois énergies inhérentes à féther ou au fluide universel, correspondent dès-lors respectivement aux idées de

force, de forme et d'union, inséparables de Tidée de substance, et, par une conséquence nécessaire, sont dans la substance créée ou finie les principes premiers constitutifs des choses.

Les phénomènes physiques, en effet, se réduisant tous, comme nous Tavons tiéjà remarqué, à des phénomènes de mouvement, de forme et d'union, on ne sauroit concevoir d'autres principes premiers, que le principe de force ou de mouvement, le principe de forme et le principe d'union; et conséquemment Télectricité, la lumière et le calorique, dont Faction distincte et simultanée se manifeste dans tous les phénomènes, quelles que soient d'ailleurs les différences qui les spécifient, ne sont, dans le monde physique, que ces principes mêmes.

Plusieurs fois, on a supposé qu'identiques au fond, Télectricité, la lumière et le calorique n'étoient, en ce qu'ils offrent de divers, que de simples manifestations phénoménales du même fluide essentiellement un. Si Ton veut dire que les énergies physiques qu'on nomme lumière, calorique, électricité, ne sont que des propriétés * inhérentes au même fluide sub-

' Nous croyons le mot propriétés plus exact, plus philosophique qu'aucun autre , quoiqu'on puisse également employer au même sens celui d'énergies. Ni l'un ni l'autre n'expriment de simples manières d'agir, et ce ne seroit pas là notre pensée. Des manières d'agir essentiellement et constamment diverses, impliquent des causes constamment, essentiellement diverses aussi, bien qu'elles puissent subsister

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