‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 30 sur 229 · LIVRE X®. — CHAPITRE Ilie. K · texte numérisé non relu

LIVRE X®. — CHAPITRE Ilie. K

stantiel, on n'énoncera rien que de très-vrai, selon nous. Si Ton entend que ces propriétés se résolvent dans une seule, qui, toujours la même en réalité, se révèle à nous par des phénomènes, lesquels, dépendant d'une cause unique et radicalement homogène, ne diffèrent dès-lors les uns des autres que par des apparences relatives à nos modes variés de percevoir, on tombera, selon nous aussi, dans une erreur très-grave, destructive des premières notions sur lesquelles repose Tédifice entier de la Science ou de la connoissance. Car si, dans les idées de force ou de mouvement, de forme ou de détermination, d'union ou de vie, on veut ne voir que de simples expressions diverses d'une seule et même idée radicale, le langage n'a plus de sens, et la raison s'abyme dans l'absolue contradiction de la différence affirmée comme identité, et de l'identité affirmée comme différence.

Aussi, jamais l'observation ne conduira directement à de pareilles conséquences ; elles résulteront toujours non des faits, mais d'une vicieuse interprétation des faits, vice d'ordinaire facile à reconnoître, comme nous essaierions de le montrer, si le

et subsistent en effet simultanément dans la substance une dont elles constituent l'essence complexe. Or ces causes, quelles qu'elles soient, sont ce que nous nommons énergies^ propriétés, et il faut de toute nécessité remonter jusqu'à elles, si l'on ne veut pas s'en tenir à la considération des purs effets.

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but de. cet ouvrage et sa nature purement philosophique nous permettoient ces discussions. Qui ne comprend, d'ailleurs, tout d'abord qu'ici la plus haute certitude est celle qui dérive immédiatement de la raison, nous ne disons pas de la raison conjecturale, s'efforçant de prévoir et de deviner les faits, à l'aide d'une théorie préconçue, mais de la raison appuyée sur ses principes propres, ses bases premières, inébranlables, avec lesquelles on ne peut admettre qu'aucun fait jamais soit contradictoire?

L'erreur que nous combattons vient le plus souvent de ce que, tout phénomène impliquant l'action simultanée des trois énergies qui concourent nécessairement à sa production, on est aisément induit, les trouvant partout,, et partout inséparables, à ne faire d'elles qu'une énergie variable seulement à notre égard , à raison de la diversité de nos organes , d'où résultent des modes divers de perception; c'està-dire que, confondant les propriétés de la substance avec la substance, l'élher avec les énergies inhérentes à l'éther, on conclut de l'unité de l'un contre la pluraUté des autres, oubhant qu'on pourroit, en vertu de la même logique, tout aussi bien conclure de la plurahté des unes contre l'unité de l'autre ^

1 Chaque propriété n'étant que l'éther même sous une de ses spécifications essentielles, évidemment l'éther est partout où se manifeste une de ses propriétés.

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