‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 31 sur 229 · LIVRE X®.— CHAPITRE Ifl*. 6f · texte numérisé non relu

LIVRE X®.— CHAPITRE Ifl*. 6f

On doit, au reste, se garder de confondre Télectricité, la lumière et le calorique, ce qui constitue leur essence respective, avec les impressions qu'en reçoivent nos sens. Non seulement ceux-ci n'enveloppent dans leur sphère qu'une très-foible partie des phénomènes réels, mais, de plus, la sensation, qui n'exprime par elle-même que la simple relation des agents physiques, généraux ou particuliers, avec notre organisme, ne nous apprend rien sur la nature de ces agents, sur ce qui les spécifie en tant que causes. Il est clair, en effet, que l'action de Télectricité, de la lumière et du calorique sur les molécules élémentaires des corps, constitue tout un ordre de phénomènes cachés à nos sens; et que les sensations par lesquelles l'existence de ces énergies se révèle à nous, ne représentent pas immédiatement ce qu'elles sont en soi, ne nous font pas connoître leur essence en tant que causes primitives et universelles. La notion que, sous ce rapport, Tesprit peut se faire de ces grandes énergies physiques, doit nécessairement être déduite d'une Science plus générale, de la science propre de l'esprit lui-même, des idées que sa nature le force d'admettre , qu'il conçoit comme antérieures et supérieures à tout ce qui subsiste sous les conditions du temps et de l'espace, comme des nécessités intrinsèques, éternelles de l'Être. Il interprète d'après ces conceptions premières, les phénomènes

perçus par les sens, et yérifie par les phénomènes soigneusement, pleinement constatés, les conceptions qui, supposées vraies, doivent les expliquer autant que le permet le développement actuel de la science.

En résumé, la substance absolue, infinie, impliquant trois propriétés sans lesquelles son existence seroit contradictoire, la substance finie qui n'en diffère que par la limite, implique nécessairement les mêmes propriétés, lesquelles dès-lors sont, dans l'Univers, les principes premiers constitutifs des choses.

Mais r observation n'offrant rien, dans ce même Univers, d'antérieur aux trois énergies appelées lumière, calorique, électricité, et leur action apparoissant dans tous les phénomènes, on est obligé de reconnoître en elles les manifestations les plus générales que nous présente le monde physique, des propriétés inhérentes à la substance finie, ou au fluide universel qui a reçu le nom d'éther; et conséquemment, quels que soient les rapports variés de ces énergies avec nos sens, elles doivent être conçues, en ce qui touche leur essence, sous la notion des propriétés que chacune d'elles manifeste phénoménalement.

Or nous croyons avoir établi que les propriétés inséparables de la substance, sont, premièrement.

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