‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 33 sur 229 · LIVRE X« — CHAPITRE IIl · texte numérisé non relu

LIVRE X« — CHAPITRE IIl

miques, se résoud dans un phénomène de mouvement. Ainsi Ton est conduit à la concevoir comme la force productrice du mouvement, force homogène ou qui ne varie que par ses degrés d'intensité. Ce que présente de phis le mouvement même, et par exemple sa direction, ne peut dériver de la force pure, indifférente de soi à toutes les direction's. D'oii il résulte que le mouvement implique, avec une énergie qui le produise par sa vertu propre, une autre énergie qui le détermine à une direction, un mouvement indéterminé étant contradictoire. On est donc logiquement contraint, dès qu'on admet que Télectricité est Ténergie qui produit le mouvement, de restreindre sa notion à la notion de la force pure, puisqu'autrement on ne feroit autre chose que confondre sous une seule dénomination deux énergies que Tesprit conçoit comme essentiellement diverses. Et si Ton n'admet pas que Félectricité soit ce principe premier que nous nommons force, outre qu'on se trouvera, ce semble, en désaccord avec les faits, on sera obhgé de chercher ce principe spécial dans l'un des deux autres fluides impondérables, dont la fonction essentielle et propre deviendroit alors la fonction essentielle et propre par laquelle, selon nous, se spécifie l'électricité. La question réduite à ces termes ne seroit plus qu'une question de mots.

Étant donnée la force productrice du mouvement, Tome it. S

aussitôt la nécessité que, pour être, le mouvement soit déterminé, engendre celle d'une cause, d'un principe qui le détermine. Il existe donc dans le monde physique un principe nécessaire de détermination ou de forme, appelant forme ce par quoi chaque chose est ce qu'elle est, ce qui constitue sa nature propre et, sous ce rapport, la distingue de ce qui n est pas elle, la spécifie essentiellement. Ainsi, le principe de forme est le principe de la variété, et, puisque la variété est un fait incontestable et universel, sa cause, non moins universelle, ne peut être qu'une des propriétés de la substance auxquelles correspondent les trois fluides impondérables. Or, ceux de ces fluides dont l'action spécifique se manifeste à nous par le mouvement et la chaleur, ne sauroient être le principe de forme ou de détermination d'où naît la variété indéfinie des êtres; car le mouvement pur, la chaleur pure, excluent la variété, la chaleur et le mouvement n'admettant d'autre modification que celle de plus et de moins, qui se réduit à de simples degrés d'intensité, c'est-à-dire de limitation, exprimables uniquement par le nombre. Il est aussi très-évident que le principe de forme qui détermine chaque être à être ce qu'il est, ne sauroit différer de ce qui manifeste les êtres, les rend percevables en tant que déterminés; et conséquemment que la lumière, ou le moyen général de

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