LIVRE X« - CHAPITRE Ilie
manifestation de la forme, est le prrncipe même de la forme, l'énergie primitive par laquelle s'accomplit son évolution dans l'Univers. Il faut sans doute distinguer ici la lumière en soi, de cette même lumière dans ses relations avec nos sens. Elle n'affecte ceuxci qu'en certaines circonstances et dans certaines limites ; mais elle est partout, et partout elle agit, partout elle concourt selon son essence à tous les phénomènes. Inhérente à l'éther, elle est en lui le principe nécessaire de toute détermination, de toute variété, la raison, la cause potentielle de toutes les formes que dans le développement général des êtres peut revêtir l'éther lui-même ou la substance finie une et primordiale. Et comme les affinités réciproques qui s'exercent entre les corps dépendent distinctivement de la nature particulière ou de la forme intime de chacun d'eux, l'affinité dès-lors n'est que l'action même de la forme.
Si l'électricité et la lumière sont dans le monde physique le principe de force et le principe de forme, le calorique y est nécessairement le principe d'union. 11 s'y manifeste sous deux modes divers, l'un relatif à l'être positif, l'autre à sa limite, et, sous ces deux modes, les impressions qu'en reçoivent nos sens représentent uniquement ses rapports avec eux, et non ce qu'il est par son essence, objet des pures conceptions de l'esprit. L'esprit, en effet,
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conçoit la nécessité d'un principe distinct delà force et de la forme, qui, en les ramenant à l'unité de la substance, accomplisse chaque être, ainsi que nous l'avons expliqué. Or l'unité de la substance en tant qu'étendue ou limitée, se résout dans la contiguïté, et la contiguïté a pour cause l'énergie que Ton a nommée, sans la définir, attraction, parce qu'elle s'exerce de la même manière que si les corps s'attiroient l'un l'autre. On voit donc qu'elle est à leur égard évidemment un principe d'union. Mais comme elle agit sur tous également, quelque diverse que soit leur nature, qu elle ne dépend dans ses effets que de deux conditions, la distance et la masse \ conditions relatives exclusivement à la limite, il s'ensuit qu'elle représente exclusivement aussi les rapports du principe d'union avec cette môme limite, et c'est pourquoi ses lois ont pour expression le nombre.
Le calorique, au contraire, ou le principe d'union "^ considéré non plus dans ses rapports avec la limite des êtres, mais avec ce qui les constitue po-
' Ceci est certain pour les graniles distances et les grandes niasses, telles, par exemple, que les corps célestes, mais n'est pas également prouvé pour les petites niasses et les petites distances. Toutefois Vanalogie conclut ici avec tant de force, qu'elle laisse peu de place, si file en laisse, à uu doute sérieux.
' Ceci j)aroît, au premier abord, trop opposé aux idées reçues, pour (pi'on ne doive pas prier le lecteur de suspendre son jugement. Les preuves viendront plus lard.