LIVRE X®. — CHAPITRE llie
sitivement, essentiellement, se modifie en chacun selon sa nature, indépendante des distances et de la masse. Il est, dans les corps inorganiques, chaleur rayonnante et latente, vie dans les corps organisés. Toutefois, en usant de ce mot chaleur, on ne doit pas oublier que la sensation dont il réveille l'idée, n'est relative qu à nous, à la conscience que nous avons de son action sur nos organes, et non pas à ce qu'il est en soi, à son essence, à sa fonction radicale et universelle, qui, encore une fois, est d'unir la force à la forme, et d'accomplir ainsi Tunité de chaque être. Au risque de nous trop répéter, nous insistons beaucoup sur ces notions premières, parce qu'elles doivent être présentes constamment à l'esprit, et que les équivoques du langage tendent sans cesse à les altérer, par la propension que nous avons à confondre les sensations toujours relatives et contingentes, avec les idées pures, nécessaires, absolues.
Remarquons, avant de passer outre, la concordance parfaite entre la science de Dieu ou de l'Etre infini, tel qu'il nous a semblé qu'il devoit être conçu, et la science de la Création ou de l'être fini, qui maintenant est l'objet de nos recherches.
En Dieu, une substance illimitée, indivisible, douée de trois propriétés essentielles, nécessaires ; et, en outre, un principe spécial dont la fonction
propre est, en terminant les idées divines, ou les modèles, les types éternels de tout ce qui peut être réalisé hors de Dieu, d'en opérer la distinction dans son intelligence toujours une.
Dans la Création, une substance limitée, divisible dès-lors ou étendue, douée des mêmes propriétés essentielles que la substance une et infinie dont elle n*est qu*un simple écoulement, une participation contingente; et, en outre, un principe spécial, lequel réalise dans les êtres, en les limitant, la distinction purement idéale qui subsiste entre leurs types éternels.
Spécifiant ensuite dans le monde physique ces notions générales, nous appelons éther la substance conçue comme le fluide universel qui remplit Tespace, qui est Tespace même, et au sein duquel se produisent tous les phénomènes : électricité, lumière, calorique, les propriétés inhérentes à ce fluide, de sorte que, pour nous, l'électricité est le principe de force ou de mouvement, la lumière le principe de forme ou de détermination, le calorique le principe d'union ou de vie; et conséquemment ces trois énergies sans lesquelles rien ne seroit possible, qui renferment les conditions nécessaires de toute existence,, sont à nos yeux les principes premiers constitutifs des choses. Enfin nous appelons matière ce qui termine, limite chaque être individuellement distinct, et la substance même en tant que finie.