CHAPITRE IV
GEHÈSE DES MONDES.
Au commencement Dieu étoit. En limitant sa propre substance, il créa; car créer, pour lui, c'est se reproduire sous la seule condition oii cette reproduction soit possible, sous la condition du fini, et l'être fini ne diffère de l'Etre infini que par la limite, qui éternellement le sépare de lui, restant d'ailleurs uni à lui, un avec lui par tout ce qu'il possède de positif en qualité d'être ou de perfection effective.
Il n'existoit d'abord que Tétlier, c'est-à-dire la substance douée des propriétés, des énergies que nous avons reconnu en être inséparables; et tout ce qui peut être, tout ce qu'a produit, tout ce que produira révolution perpétuelle des êtres, étoit primitivement renfermé dans cette matrice universelle : car tous les mouvements existent en virtualité dans le principe du mouvement, toutes les formes dans le principe de la forme, toutes les manifestations de la vie dans le principe de la vie. Qu'est-ce qu'un ctre
en efYel? Une forme que la force, en union intime avec elle, a développée dans la substance par le mouvement.
Considérez les différents états qui ont été successivement ceux de notre planète; qu'offrent-ils observés dans un ordre rétrograde? une progression de formes décroissantes en perfection et en variété. A mesure qu'on remonte vers les premiers âges, les genres s'abaissent, l'homme disparoît, les animaux, de proche en proche, jusqu'au plus inférieur, disparoissent à leur tour, les végétaux ensuite, puis les corps inorganisés, les concrétions diverses, les gaz divers, jusqu'à ce que Ton arrive à un point d'origine, où, tout le reste s'étant évanoui, on ne trouve plus que la substance et ses propriétés essentielles. Ici l'esprit s'arrête forcément, car au-delà ce seroit le néant, qui n'est le principe de rien, d'où rien ne peut sortir. La substance et ses propriétés, l'éther et ses énergies, c'est donc ce à quoi tout se réduit dans son origine première, ce qui contient tout en puissance, ce dont tout sort selon des lois qui sont les lois générales de la Création, dans lesquelles se résument toutes les autres, comme ellesmêmes se résument dans les lois de Dieu ou de l'Etre inhni.
S'il n'est point de forme particulière qui n'existe virtuellement, et comment le nier? dans le principe