LIVRE Xe. — CHAPITRE JV
de la forme, et que la lumière soit dans le monde physique le principe de la forme, elle renferme, d'une certaine manière, les germes de toutes les formes qui ont dû et qui devront successivement se développer, ou ces formes mêmes à l'état virtuel, c'est-à-dire à l'état de simple puissance d'être. Nous entendons par simple puissance d'être, non pas l'absence de tout être actuel, mais ce qui différencie rêtre idéal, typique, tel qu'il subsiste immuablement dans son essence pure, du même être réalisé, au sein du monde physique, sous les conditions de l'étendue.
Mais pourquoi toutes les formes dont l'éther contient le germe, ne^se développent-elles pas immédiatement, simultanément? Pourquoi les unes d'abord, les autres après? et quelle est la loi qui préside à l'ordre de succession qui les enchaîne dans le temps?
Cette loi, fournie par l'observation, mérite d'être attentivement remarquée, car les rapports de l'unité avec la variété ne se manifestent nulle part plus clairement, nulle part on ne voit mieux comment, par son propre développement, la variété concourt au développement de l'unité même.
En effet, les êtres en s'élevant offrent tout ensemble une complexité plus grande et une plus grande unité. Ainsi la liaison nécessaire, l'intime
74 li* PARTIE. — DE L'HOMME.
connexion, la dépendance mutuelle des parties di- Yerses, des organes divers dont se compose l'animal, devient de plus en plus étroite, ou Tanimal devient plus un à mesure qu'il devient plus parfait. Quelle distance, à cet égard, d'une classe à l'autre, des zoophytes aux crustacés, des crustacés aux mammifères ! Des différences semblables apparoissent entre les végétaux, depuis les conferves jusqu'au chêne, et toujours descendant, on arrive aux corps inorganiques, qui ne présentent que des molécules homogènes, rapprochées dans l'espace, réciproquement indépendantes quant à leur existence, chacune étant l'être tout entier.
Visiblement donc l'unité de k forme croît avec sa complexité, et sa complexité implique la production antérieure des formes plus simples de la combinaison desquelles elle résulte, en ce sens, qu'elles en sont les éléments indispensables, chaque forme, chaque être résumant en soi les formes, les êtres inférieurs, de sorte que chacun, dans Tétendue de sa sphère ou jusqu'à la limite déterminée par sa nature, représente, par les divers degrés de son développement propre, le développement de la Création, dont l'unité infinie, jointe à l'inhuie variété, est le terme, mais le terme idéal, puisqu'il faudroit une durée infinie aussi pour l'atteindre .
On conçoit donc comment toutes les formes n'ont