LIVRE X«, — CHAPITRE IV*. 7S
pu se développer simultanément, comment leur production au sein de l'Univers est assujettie à un ordre de succession fondé sur cette loi essentielle de la forme même, à savoir que la réalisation de chacune d'elles implique la réalisation antérieure des formes plus simples qui en sont les éléments nécessaires; et c'est là ce qu'on doit entendre, lorsqu'on parle du milieu approprie à sa nature, hors duquel aucun être ne peut ni commencer, ni continuer d'être, étant données d'ailleurs les conditions correspondantes d'électricité et de chaleur; de sorte qu'en ce sens qui est celui ou nous l'emploierons, le mot milieu exprime l'ensemble des conditions physiques, générales et particulières, qui rendent pour chaque être l'existence possible.
11 suit de là que chaque milieu a dii maintes fois se modifier ou subir les changements que nécessitoit la production successive des êtres ou le développement de la Création, et ces changements ne sont que le résultat de ce développement même. Conséquemment le premier milieu n'a pu être que l'éther ou la substance finie, telle qu'avant le travail de génération qui s'opère en elle et s'y continue incessamment, elle subsistoit avec ses propriétés essentielles, le principe de mouvement, le principe de forme, le principe de vie.
llien jamais n'eût été si ce milieu primitif n'avoit
pas suffi à l'évolution initiale de la forme, c'est-àdire, si les formes les plus simples n'y eussent trouvé les conditions nécessaires de leur réalisation effective. Il dut donc se produire des combinaisons premières, en vertu des affinités internes, qui, dans le fluide de la forme, principe et matrice de toute variété, ovaire universel, dans la lumière, comme nous l'appelons, constituent l'action réciproque des formes particulières, dont elle contient les germes destinés à se développer progressivement; et ces premières combinaisons, ces productions premières ne sauroient être conçues que sous la notion de gaz d'une telle simplicité, que décomposés, si la science en fournissoit le moyen, ils donneroient pour leurs éléments immédiats les seuls fluides impondérables. Quels sont ces gaz? Seroient-ce les gaz jusqu'ici pour nous indécomposables , qui exercent des fonctions si générales et si importantes dans l'économie de notre planète, l'oxigène, l'hydrogène, l'azote et d'autres encore ? ou ceux-ci ne seroient-ils que des combinaisons postérieures déjà plus complexes ? Cette dernière hypothèse paroît de beaucoup la plus vraisemblable ; l'expérience toutefois n'en fournit aucune preuve absolue.
La production des premiers gaz, connus ou inconnus de nous, exige, au reste, comme toute production, le concours des trois énergies inhérentes à