LIVRE Xe. — CHAPITRE IV
l'éther. La forme ou la lumière contient le germe, la force ou l'électricité le développe, le calorique effectue Tintime union de ces deux énergies essentielles, séparément impuissantes à réaliser quoi que ce soit. Et puisque ces premiers corps gazéiformes sont nécessairement doués d'une force interne que le calorique unit à l'énergie spéciale qui les détermine à être ce qu'ils sont, donc ils possèdent un principe propre d'activité et de mouvement, et une vie propre, appelant vie le principe d'union. Le principe actif ou de mouvement se manifeste par l'électricité, le principe d'union ou de vie se manifeste par la chaleur.
Mais, sitôt que dans l'éther apparoissent des gaz, des corps complexes et conséquemment différents du milieu oià ils se produisent, de nouveaux phénomènes ont lieu.
Toute production commence en un point, autour duquel, pour ainsi parler, elle rayonne en se développant \ Non-seulement ce mode de production se constate par les faits qu'embrasse Tobservation, mais, de plus, l'esprit le conçoit comme nécessaire. Car, tant que la cause génératrice ne s'est pas en-
' Ceci u'empêche pas qu'il ne puisse s'ëtablir simultauément plusieurs points de production semblables dans l'espace, ebacun desquels se développera de la même manière dans sa sphère propre et déterminée.
core manifestée dans son effet, tant qu'elle subsiste à Tétat de simple puissance, on ne sauroit se la représenter sous les conditions de Tétendue ; elle est ce qu'est en géométrie le point indivisible générateur des lignes, des surfaces, des solides; et dèslors, quelle que soit sa nature intrinsèque, nul corps dont la production soit concevable, autrement que comme le développement dans l'espace de ce point primitivement inétendu.
Le développement de chaque point initial créant dans le milieu où il s'effectue quelque chose qui diffère de lui, cette différence en engendre une autre, une différence de densité. Autant donc l'éther offrira de ces points initiaux, autour desquels se sont accomplis et s'accomplissent incessamment les formations premières, autant il y aura de groupes ^ d'une densité différente de celle de Téther, d'où les phénomènes suivants :
Dans chaque groupe, attraction réciproque des molécules dont il se compose, et, conséquemment, tendance vers un centre, lequel n'est autre que le point initial de formation.
Entre les groupes divers, attraction réciproque, selon les lois de l'attraction même proportionnelle aux masses, inverse du quarré des distances.
Mouvement propre de chaque groupe, engendré par la force inhérente à chacune des molécules dont