‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 45 sur 229 · LIVRE Xe.— CHAPITRE ÏV · texte numérisé non relu

LIVRE Xe.— CHAPITRE ÏV

ter qu'il ne règne entre ces corps un ordre déterminé par les lois mêmes de leur formation. Plongés dans l'éther leur lieu commun, les énergies qui leur donnèrent naissance établissent entre eux des communications effectives, en même temps que l'attraction les enchaîne l'un à l'autre, soit que tous ensemble ils gravitent vers un centre physique qui seroit celui de la Création, soit que toujours inachevée, puisqu'elle se développe toujours, elle n'ait d'autre centre réel et permanent que l'Etre infini, dont l'unité est le centre absolu de tout ce qui est, de tout ce qui peut être, de tout ce que sa volonté toute-puissante a réalisé hors de lui en limitant sa propre substance.

Ce que nous pourrions ajouter à ce qui vient d'être dit sur la genèse des mondes, n'appartient pas directement à la philosophie. Nous entrerions dans le domaine exclusif de l'astronomie, de cette science magnifique qui a fait, dans les derniers temps, de si admirables progrès. Or, notre dessein n'est pas de traiter, avec quelque détail, d'aucune science particulière, mais de chercher le lien qui les unit toutes, en remontant jusqu'aux premières causes génératrices des phénomènes que chacune d'elles considère isolément. Ainsi notre tâche finit là où commence celle du savant dont le travail propre consiste à recueillir les faits , à les classer, à les or-

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donner et à les expliquer dans les limites de Texpérience qui jamais ne sort de l'ordre contingent. Nous, au contraire, nous descendons des conceptions pures de l'esprit aux faits qui doivent les vérilier, et qu'elles doivent ramener à leur origine, c'est-à-dire, aux principes nécessaires des choses, sans lesquels il n'est point de science complette. Comme le savant s'arrête au point même ou s'arrête l'observation dépendante des sens, nous nous y arrêtons également, mais après avoir jusque-là suivi une marche inverse; de sorte que, pour nous, la science des faits est le prolongement de la science des idées, qui y trouve sa confirmation si elle est \raie^ son évidente iniirmation si elle est erronée, et que la science des idées forme le complément indispensable de la science des faits qui la légitiment, et à qui, de son coté, elle fournit une base rationnelle.

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