CHAPITRE V
DES FLUIDES IMPONDr.UABLES. ÉLECTUICITÉ.
L'étude expérimentale des corps a conduit, de proche en proche, les physiciens et les chimistes à reconnoître que les sciences particulières dont ils s'occupent, se résolvoient en défmitive dans la science des fluides impondérables, causes premières et universelles des phénomènes physiques et chimiques, et ces iluides sont devenus dès-lors le sujet principal, quant à son importance, des recherches instituées en vue du développement des connoissances de cet ordre.
Ce mouvement de la science des corps la rapproche de la science des réalités spirituelles ; car, en généralisant toujours, elle arrive à un point où le fait contingent rencontrant, pour parler ainsi, sa cause nécessaire, les deux sciences s'unissent intimement, se complettent Tune par Tautre, n'offrant de différence que celle qui résulte de leur mode respectif de procéder, Tune remontant des faits expérimentalement constatés aux principes gêné-*
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rateurs des faits, l'autre descendant de ces principes logiquement établis aux faits qu'ils expliquent et qui les vérifient. Car, au fond, la science, variée comme l'Univers, est une comme lui, une comme l'Etre infini qui se reproduit sous les conditions du fini, dans la Création progressive.
Ce que nous avons dit de la substance et de ses propriétés nécessairement conçues comme les principes premiers constitutifs des choses, ne laisseroit point d'être vrai, quand il ne le seroit pas que l'électricité, la lumière et le calorique sont, dans le monde physique, la manifestation de ces propriétés et ces propriétés mêmes. Seulement il faudroit alors chercher ce que peuvent être ces trois fluides, qui ne se rattacheroient à rien de ce qui, pour la pensée, a le caractère de cause générale et nécessaire, et conséquemment aussi chercher d'autres fluides qui correspondissent aux propriétés inséparables de la substance, aux énergies sans lesquelles aucun être ne seroit. D'où il résulteroit que, dans l'Univers, il existeroit des agents physiques, primitifs et universels, auxquels l'esprit ne sauroit assigner aucunes fonctions dépendantes des nécessités de l'être, et que ces fonctions nécessaires seroient accomplies par des agents tout à fait inconnus, que l'observation n'atteindroit jamais en eux-mêmes. Des conséquences si étranges au moins et cependant inévi-