LIVRE X«. — CHAPITRE V*. 9i
tables, semblent derechef conduire forcément à cette conclusion, que l'électricité, la lumière et le calorique, expression physique des propriétés essentielles de la substance, les représentent distinctivement dans le fluide primordial ou dans Féther, identique lui-même à la substance finie.
Examinons à ce point de vue les phénomènes généraux que présentent les fluides impondérables, et voyons s'ils concordent avec la théorie que nous avons essayé d'établir.
Partant de Fidée la plus simple, ou, en d'autres termes, remontant par la pensée aux conditions premières et nécessaires de toute existence, conditions dès-lors antérieures à la production d'aucun être particulier, nous avons supposé un état initial où la substance existoit seule avec ses propriétés essentielles, le principe de force, le principe de forme, le principe d'union ou de vie.
Mais la substance finie et conséquemment divisible, la substance au sein de laquelle n'a pas commencé encore l'évolution des êtres qu'elle contient en puissance, ne sauroit être conçue que sous la notion d'un fluide épandu dans l'espace, ou plutôt qui est l'espace même, sans quoi l'espace ne seroit qu'une simple abstraction, le vide pur, le rien qui n'est pas un heu.
Ce fluide, nous l'appelons éther, et spécifiant en
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.]iii physiquement les énergies inséparables de la substance, nous identifions le principe de force à Télectricité, le principe de forme à la lumière, le principe d'union ou de vie au calorique.
De là plusieurs conséquences : la première que l'électricité, la lumière et le calorique, inhérents à i'étlier ou à la substance, entrent dès-lors nécessairement dans la constitution de tous les corps ; la seconde, que les corps, par cela même qu'ils existent dans l'espace, existent dans Féther, lieu et matrice de tout ce qui subsiste sous les conditions de la limite ou de la matière; la troisième que partout oii la substance existe à l'état concret, les propriétés, les énergies inséparables de la substance existent aussi à l'état concret, et qu'ainsi l'électricité, la lumière et le calorique subsistent à deux états, à l'état , concret ou statique, ou latent, tous mots synonymes ici, dans les corps; à l'état libre dans Téther ou dans ie fluide universel qui est le lieu des corps.
En étudiant à part chacune des énergies inhérentes à Féther, lesquelles peuvent être considérées comme autant des iluides respectivement caractérisés par l'idée distinctive correspondante à chacune des propriétés essentielles dont ils sont l'expression physique, une difficulté se présentera souvent, celle qui résulte de ce qu'il n'est point de phénomène à la production duquel ces énergies ne concourent si-