‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 49 sur 229 · LIVRE X^ — CHAPITRE V*. 9a · texte numérisé non relu

LIVRE X^ — CHAPITRE V*. 9a

déterminent ces directions variées ; et l'on conçoit de plus que ces deux ordres de mouvement, Tun général et permanent, l'autre variable et particulier, se combinent d'une certaine manière dans tous les phénomènes. Appelant le premier magnétisme et le second électricité, il est clair que tous les corps sont magnétiques en ce sens qu'ils participent tous au mouvement général du globe, que tous aussi sont électriques, puisqu'ils ont tous en soi une force génératrice des mouvements particuliers; qu'ainsi, sous ce rapport, ils ne diffèrent que par la coïncidence ou l'opposition de leurs mouvements propres avec le mouvement de la masse terrestre, par la tendance des uns à suivre la direction générale du fluide, à céder à son impulsion, en vertu de la disposition de leurs molécules intégrantes, et par la résistance que les autres, en vertu de la même cause, opposent à cette impulsion.

La polarisation de l'électricité dans certains corps semble former une classe de phénomènes intermédiaires. Toutefois on voit bientôt qu'ils ne se distinguent par rien de fondamentalement divers.

En effet, en ce qu'ils ont de primitif et de commun, tous les phénomènes électriques et magnétiques sont des phénomènes de mouvement. Ils ont donc pour cause primitive aussi, essentielle, nécessaire, le principe de force ; car tout mouvement est

une force actuellement active. Mais point de mouvement sans direction , donc point de force sans polarité. Supposez un corps qui se meut sur une courbe, ce mouvement ne peut être que la résultante d'au moins deux forces agissant dans des directions différentes. Que Tune de ces forces cesse d'agir, le corps obéissant à l'autre force, unique alors, cessera de se mouvoir sur la courbe pour suivre une direction tangentielle. Dans le premier cas, la polarité du mouvement cbange à chaque instant, parce qu'à chaque instant la polarisation des deux forces de direction différente se modifient l'une l'autre. Dans le second cas, rien ne modifiant la direction de la force qui subsiste seule, la polarité reparoît avec son caractère absolu. Que si, retranchant de l'hypothèse le corps en mouvement, on applique ce qui vient d'être dit au fluide même de la force, il se polarisera suivant des directions dépendantes des milieux qu'il traverse, d'où la variété des phénomènes de polarisation et leurs combinaisons innombrables, depuis la polarisation magnétique liée au mouvement total du globe jusqu'à la polarisation invisible pour nous de chaque mouvement moléculaire.

Des continuels changements qui s'opèrent dans les corps, il s'ensuit qu'il s'opère en eux de continuels mouvements, par conséquent qu'ils contien-

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