‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 50 sur 229 · LIVRE X*. — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE X*. — CHAPITRE V

nent tous de l'électricité. Ses différentes polarisations représentent les directions indéfiniment variées des mouvements partiels qui ont lieu à la surface et dans l'intérieur de la terre. La résultante de ces directions détermine, comme nous Tavons dit, celle du mouvement général du globe ou son axe magnétique. Ainsi tout corps, considéré moléculairement, est animé d'un double mouvement, ou, si l'on appelle magnétisme l'électricité en tant que polarisée, soumise à Tinfluence d'un double magnétisme, son magnétisme individuel et le magnétisme terrestre. Selon qu'ils diffèrent ou concordent dans leur direction, ou selon que la puissance de l'un ou de l'autre prévaut actuellement dans le corps mû ou dans le fluide moteur, sa polarisation coïncide avec celle de la terre, ou forme avec elle un angle que déterminent les lois mathématiques de la force et des communications de la forcé, dont le choc n'est qu'un cas particulier. La polarisation que nous appelons individuelle n'est apparente qu'en certains corps caractérisés par un mode d'agrégation régulière, et c'est aussi à cette circonstance de régularité dans la construction de la pile voltaïque, qu'est due la polarisation si marquée du fluide qu'elle dégage. Elle cesse d'être sensible dans les corps formés suivant un mode d'agrégation confuse. Ceux-ci sont des aimants qui ont un nombre indéfini de pôles.

r TOME IV. 7

08 Ile PARTIE. — DE L'H03I3IE.

Comme on ne sauroit comprendre deux principes primitifs de force différents, comme la notion de force est rigoureusement une, on ne sauroit admettre deux électricités. L'électricité positive et l'électricité négative, dénominations qui prouvent, au reste, l'embarras qu on éprouve pour spécifier entre elles une distinction que Tesprit saisisse, ne sont donc en réalité qu'une seule et même électricité ; et il semble en effet que toute distinction radicale qu'on prétendroit établir entre elles s'évanouit devant ce fait, que F électricité intrinsèque, et dès-lors invariable quant à sa nature, d'un corps déterminé, peut être à la fois positive à Tégard de certains corps, et négative à l'égard d'autres corps.

Ce n'est donc point dans le fluide électrique luimême qu'il faut chercher la raison des phénomènes si divers que présente son action, mais dans l'influence qu'exercent sur elle les autres fluides impondérables et les corps aussi, selon leur structure particulière et leur nature propre.

Ceci, d'ailleurs, n'est qu'une conséquence de ce que nous avons antérieurement essayé d'établir. Car, s'il n'existe, comme nous le pensons, que trois principes premiers constitutifs des choses, le principe de force, le principe de îornie, le principe d'union ou de vie, correspondants à l'électricité, à la lumière et au calorique, il s'ensuit : .

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