‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 57 sur 229 · LIVRE X^ — CHAPITRE VF. 10î · texte numérisé non relu

LIVRE X^ — CHAPITRE VF. 10î

commun, toutes les diversités qui, étudiées séparément et connues en soi, devront encore y être ramenées plus tard.

Nous avons vu qu'on ne pouvoit se représenter la Création à son premier état que comme une masse fluide dans laquelle apparoissent successivement des êtres déterminés, à mesure que pour eux se réalisent les conditions de l'existence.

Mais qu'est-ce que ce fluide admis par la physique sous le nom d'étber, ce fluide existant dès le commencement et au sein duquel tout existe, naît^ se développe? Le fondement, la racine de toute notion qu'on s'en puisse former, évidemment est celle de substance, puisque la substance est le fonds de tout ce qui est, ou l'être même avant toute spécification distinctive. Donc le fluide universel est d'abord conçu comme substance, et, à raison de sa divisibilité essentielle, comme substance finie ou limitée, ou matérielle, mots pour nous synonymes.

Il se meut, il est élastique : donc il contient de la force souscertaines conditions limitées ou matérielles.

Il engendre des formes, il les rend visibles : donc il contient de la lumière, sous certaines conditions limitées ou matérielles.

Il produit de la chaleur, il propage la vie : donc il contient du calorique, sous certaines conditions limitées ou matérielles.

110 ne PARTIE. — DE L'HOMME.

L'éther n'est donc pas un fluide simple. Doué dans son unité de propriétés distinctes, il se compose des trois principes, des trois éléments essentiels et primordiaux de tout ce qui est et de tout ce qui peut être, existants substantiellement sous la condition de la limite; et dès-lors il renferme en soi quelque chose de positif qui correspond aux trois éléments, aux trois principes dont nous venons de parler, et quelque chose de négatif qui correspond à leur limite. De là, pour user des appellations reçues, la force et l'inertie, le mouvement et le repos, la lumière et les ténèbres, la chaleur et le froid ^ Et de ce mélange, dans le fluide universel, de quelque chose de positif et de quelque chose de négatif, il résulte qu'en lui rien n'est absolu, que tout y est relatif, la chaleur et le froid, la lumière et les ténèbres, le mouvement et le repos, la force et l'inertie : d'oii naissent tout ensemble, et l'innombrable variété des phénomènes, et les lois qui président à leur développement ainsi qu'à leur enchaînement nécessaire et régulier.

Le fluide universel ou l'éther n'étant que la sub-

• Ce seroit, ce nous semble, dans cet ordre de considérations qu'i£ faudroit chercher les bases d'une théorie vraiment philosophique des quantités positives et négatives en mathématiques. Il est évident qu'elles doivent correspondre à certaines lois de la limite, conçue, d'une part, comme affectant une réalité quelconque, et, d'une autre part, abstraitement en soi.

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