‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 58 sur 229 · LIVRE X«. — CilAPITRE Vie · texte numérisé non relu

LIVRE X«. — CilAPITRE Vie

stance finie douée des propriétés sans lesquelles on ne la concevroit en aucune façon, si, dans le fluide universel, on considère isolément chacune de ces propriétés diverses, elles se présenteront à l'esprit sous la notion de trois fluides divers aussi, le fluide de la force, le fluide de la forme, le fluide de la vie, et, en ce sens, on pourra dire que le fluide universel se compose de ces trois fluides, identiques, selon nous, à ceux que la physique nomme électricité, lumière, calorique; et il sera également vrai de dire que tous les corps plongés dans le fluide universel ne sont radicalement qu'une certaine combinaison d'électricité, de lumière et de calorique, de Téther concret ou organisé.

Inaltérable en soi, dans sa nature, dans son essence, chacun des trois fluides correspondants aux propriétés nécessaires de Tétber et qui ne sont en réalité que ces propriétés mêmes distinctivement spécifiées en lui, chacun, disons-nous, de ces trois fluides a ses lois propres. Mais comme il n'est point de phénomène simple, de phénomène dont la production n'implique le concours des trois principes essentiels des choses, les lois propres de chacun d'eux ne se manifestent jamais qu'actuellement unies aux lois des deux autres, et les lois, dès-lors, dans Tordre des réalités, sont complexes comme les causes et comme les effets. Nous en allons avoir immé-

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diatement la preuve en cherchant celles de la lumière.

En tant qu'elle affecte chez les êtres vivants les organes destinés à être pour eux les moyens de la vision, elle est la manifestation générale de la forme, et, dans son essence, elle est le principe même de la forme, le fluide primitif qui, contenant en puissance " toutes les formes, est assimilable à chacune d'elles.

Avant qu'aucun être particulier ou déterminé existât, l'Univers était ténébreux, selon le langage profond des cosmogonies antiques ; il étoit ce qu'est Téther, l'espace, ce que nous pouvons nous représenter qu'il seroit si tous les corps célestes, tous les astres, soleils, planètes, nébuleuses, venoient tout d'un coup à s'évanouir au sein de cet immense abyme. Rien n'étant que l'abyme même, l'espace, l'éther, rien ne s'y manifesteroit. Ce que nous appelons lumière ne seroit que la forme à l'état virtuel ou au plus haut degré de limitation possible, c'està-dire le principe physique renfermant en soi tous les germes susceptibles de se développer, à mesure que les combinaisons des premiers éléments des choses réaUseroient les conditions ou engendreroient les milieux nécessaires à leur développement. Lorsqu'une partie de ces germes se développant en effet, des êtres déterminés commencèrent à se produire, le fluide de la forme devint lumière, en ce

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