‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 6 sur 229 · LIVRE X*.—- CHAPITRE 1er. |K · texte numérisé non relu

LIVRE X*.—- CHAPITRE 1er. |K

sance de ce qui est, ou la conception du double objet de la foi constitutive de Tintelligence, elle a deux branches distinctes qui s'unissent et se confondent dans la notion absolue de l'Etre encore indéterminé quant au mode infini ou fini sous lequel il subsiste ; et ces deux. branches sont la science de Dieu et de tout ce qu'il renferme, de ses nécessités internes; la science de l'Univers et de ses phénomènes contingents, étroitement liée à la première, dans laquelle elle a sa raison, et à laquelle, d'une autre part, elle fournit un moyen de vérification expérimentale. Car, puisque rUnivers n'est que la reproduction éternellement progressive de Dieu, il en est l'image incomplète, mais vraie; il le révèle, le manifeste extérieurement ; toute idée correspond d'une certaine manière à un fait du domaine des sens, tout fait a une idée conçue ou concevable par l'esprit.

Science de Dieu, science de l'Univers; science des idées, science des phénomènes : voilà donc toute la Science. Les autres divisions qu'on peut ensuite y établir ont plutôt pour but de soulager la foiblesse de l'homme, incapable d'embrasser individuellement l'ensemble entier de la connoissance, que de marquer dans cette même connoissance des sphères distinctes indépendantes et nettement caractérisées. On circonscrit les recherches pour les faciliter ; on divise le travail pour le rendre possible. Aussi voit-

on les sciences particulières se multiplier toujours plus à mesure que se développe la Science générale; et les différences d'après lesquelles on en opère la séparation, n'ayant jamais de fondement absolu dans la nature des choses, la classification de ces sciences partielles offre constamment quelque chose d'arbitraire, de conventionnel, quelque chose qui dépend du point de vue choisi par l'esprit selon la fin qu'il se propose; et pas une d'elles qui ne soit à chaque instant obligée de s'aider de plusieurs autres sciences accessoires.

La Science peut être aussi considérée dans ses rapports directs avec l'homme. Alors elle suppose avant tout la possession de l'instrument indispensable des opérations de l'esprit et de la pensée même, le langage; et le langage ayant deux relations. Tune aux êtres, Tautre à leur limite, il existe deux langues radicalement distinctes, la langue des réalités positives, qui exprime ce que les choses sont en soi , les énonce , les affirme par le verbe , le mot est, correspondant à l'idée absolue de Têtre, et la langue de ce qui borne, termine ces mêmes choses, de l'élément négatif des êtres finis d'où naît la divisibilité, lequel élément a pour expression le nombre. Et en effet le nombre par lui-même marque seulement des parties dans ce qui est, sans y joindre aucune autre notion, n'énoùce, n'affirme rien, langue

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