‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 66 sur 229 · LIVRE X^ — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE X^ — CHAPITRE V

un caillou ou quelque autre corps, le son est pro duit.

Les courants d'air atmosphérique, si l'air ne frappe des corps plus denses, ne produisent non plus aucun son : un ébranlement d'une autre nature dans le même air produit le fracas du tonnerre.

Les ondulations de Tair et en général du fluide à travers lequel le son se transmet, n'en sont donc pas la cause réelle. Elles le propagent, elles sont le mode de sa propagation, la forme de son mouvement, elles ne sont pas le son même.

Et quant aux corps solides, sans parler de la difficulté, certainement pour le moins très-grande, de concevoir dans un corps hétérogène la propagation d'un même svstème de vibrations moléculaires, on aboutit toujours à des vibrations du fluide qui transmet le son, lesquelles seules agissent immédiatement sur nos organes. D'ailleurs, quel que soit le corps vibrant, toute vibration n'est qu'un mouvement, et le mouvement, qui n'a rien de substantiel, qui n'est que le déplacement d'un corps, son changement de lieu ne sauroit être le son, le principe effectif qui exerce sur les êtres vivants une

un point d'appui, dont l'absence est nécessaire pour faire cette observation. C'est dans l'aréostat, flottant dans l'atmosphère, qu'on peut seulement observer ou vérifier un tel fait. » Détails sur le voyage aérien de Londres à Weilburg. ( Duché de Nassau ) par M. Monk Mason, fils.

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action si variée et si profonde ; il est impossible à l'esprit d'identifier ces deux idées. La question première revient donc : qu'est-ce que le son? et quelle en est la cause immédiate et réelle?

Cette question est évidemment de même nature que celle-ci : qu'est-ce que la vision ? quelle en est la cause immédiate? car le son qui ne nous est connu, en ce qu'il a de propre, que par l'impression qu'en reçoit l'organe de l'ouïe, est, en tant que perçu, une sensation comme la vision.

Or la vision n'est, dans sa cause, que l'action exercée sur un certain organe par un fluide spécial appelé lumière.

Le son, en tant que perçu, ne seroit-il point aussi l'action exercée sur un certain organe par un fluide spécial?

Nous le croyons, et nous croyons de plus que ce fluide n'est que la lumière même *, sous une modification relative à un mode particulier de manifestation de la forme; de sorte qu'entendre, c'est voir encore, c'est percevoir, avec une netteté, une clarté croissante, selon les degrés qui marquent le passage du simple son tel que le produisent les corps

' a C'est encore ainsi que l'analogie qui subsiste entre le son et la lumière a été découverte par une série de rapports qui ne permettent pas de douter de leur inlime coïncidence dans un phénomène commun, le mouvement vibratoire d'un milieu élastique. » J.-F. W. Herschel, Discours sur VéLude de la philosophie naturelle , p. 90.

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