LIVRE X*. — CHAPITRE Vie
inorganiques, à la parole articulée, ce qu'a de plus intime la nature de chaque être.
Nous avons exposé ailleurs les considérations purement philosophiques qui conduisent à cette hypothèse *. Mais on peut, en outre, observer ici que le son étant un phénomène universel, la cause physique du son doit être universelle aussi. Elle n'est ni le mouvement pur, sans quoi tout mouvement seroit un son, ni un genre spécial de mouvement, car un mouvement, soit moléculaire, soit de masse, n'a aucun rapport avec la nature intime du corps, ou des molécules en mouvement, et conséquemment ne sauroit par lui-même la manifester, La cause physique du son n'est donc pas la force ; dans les phénomènes qu'il présente, elle n'intervient que pour engendrer, selon son essence, le mouvement qui le propage. Ce n'est pas non plus le calorique, avec lequel on ne lui découvre que des relations indirectes, relatives aux milieux où s'opère sa transmission. Or, ces deux causes physiques universelles étant exclues, il ne reste que la lumière. Le son
que
dépend donc de la lumière, s'il n'est la lumière même à un état spécial, la vibration peut-être de ce fluide primitif, tel qu'il existe dans les corps à l'état latent ^ ; et, en effet, il paroît soumis aux mê-
' I" part, liv. V, ch. VII, tom. I, p. 243 et suiv.
2 Ceci expliqueroit comment le son, par ses diversités , manifeste
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mes lois fondamentales, en môme temps qu'il remplit des fonctions analogues à l'égard des êtres doués d'organes propres à le percevoir. L'un et l'autre se décomposent, d'une manière semblable, en couleurs et en sons fondamentaux, d'où naissent des couleurs et des sons dérivés, des nuances sans nombre correspondantes à la variété indéfinie des formes. L\m et l'autre, latents, pour ainsi parler, ou à leur degré le plus grand de limitation dans l'éther obscur et silencieux, se développent à mesure que ces formes variées se développent, éclosent avec elles; de sorte qu'il existe un constant rapport entre la diversité des êtres, la diversité des natures et la diversité des couleurs et des sons.
Leur identité radicale paroît encore se révéler par d'autres indices. Les lois générales et physiques de la forme, dans ses rapports avec la lumière qui la manifeste, sont les lois géométriques des figures. Si donc le son n'est aussi qu'une manifestation de la forme, il est probable que les mouvements soumis aux lois physiques du son, engendreront des figures géométriques, et c'est, en effet, ce qui a lieu, comme on le voit par les expériences de MM. Chladni et Savart, sur les vibrations des plaques sonores. Il
la forme distinctive du corps d'où il émane , et comment , devenu parole, c'est-à-dire, modifié selon les lois de la nature humaine, il manifeste é^jalcment la forme intime de l'homme, son intelligence. La voix, chez l'animal, a le même caractère et les mêmes fonctions.