‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 75 sur 229 · LIVRE X*.— CHAPITRE Yïie · texte numérisé non relu

LIVRE X*.— CHAPITRE Yïie

Dans les énergies essentielles inséparables de la substance, il faut soigneusement distinguer Timpression physique que nous en recevons, la manière dont nos sens en sont affectés, de l'idée que Tesprit se fait de leur nature et de leurs fonctions. Ainsi la chaleur, pure sensation, ne nous apprend rien sur ce que le calorique est en soi. Quelle que soit la notion que nous nous en puissions former, elle dépend de la pensée seule qui la déduit des nécessités radicales de l'être, et la compare ensuite à l'ensemble des phénomènes, avec lesquels elle doit concorder et qu'elle doit expliquer, selon la mesure de la connoissance actuellement acquise de ces phénomènes. C'est ainsi que nous avons procédé dans nos recherches, c'est ainsi qu'elles nous ont conduit à concevoir le calorique comme le principe d'union ou dévie, idée antérieure à tout phénomène, à toute relation contingente, et complètement indépendante de la sensation subjective de chaleur, laquelle n'est que le rapport de notre mode de sentir, avec la cause générale qui se révèle par une multitude d'effets très-divers, et que la simple sensation laisseroit à jamais indéterminée, à jamais inconnue.

Comme le principe de force et le principe de forme, le principe d'union a, dans les êtres créés

volontiers que, sur ce point de physique générale, l'expérience n'a pas encore prononcé définitivement.

148 ne PARTIE. — DE L'HOMME.

OU finis, deux genres de relations, l'un avec ce qui les constitue positivement, Tautre avec leur limite ; et la limite étant invariable, ses relations avec la limite, invariables aussi, n'offrent que des différences de pure quantité, Faction de l'énergie inbérente à chaque corps croissant ou diminuant proportionnellement à sa masse, quels que soient et la nature et le mode d'agrégation de ses molécules. Considérée dans son effet, cette action s'appelle pesanteur.

Les relations du calorique ou du principe d'union avec ce qui constitue positivement les corps, variant au contraire comme les corps eux-mêmes, correspondent, dans Tordre physique , aux nombreux phénomènes que la science rapporte spécialement à ce qu'elle nomme chaleur, dont les lois se lient si intimement à celles de l'électricité et de la lumière, sans néanmoins se confondre avec elles.

Si rien n'unissoit la force à la forme, on ne concevroit aucune existence, puisque le mouvement, privé de détermination, seroit contradictoire, et que la forme privée de mouvement, seroit dans l'éternelle impuissance de se développer. Qu'elles soient unies, la vie commence; que celte union cesse, la vie s'éteint ; et le phénomène appelé mort dans les êtres organiques, dissolution, décomposition dans les êtres inorganisés, n'est que la séparation de la force et de la forme.

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