‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 80 sur 229 · LIVRE X% — CHAPITHE Vlie. iS · texte numérisé non relu

LIVRE X% — CHAPITHE Vlie. iS

exceptions. L'eau atteint son maximum de contraction à environ 4*^ au-dessus de zéro; ainsi de zéro à 4°, une addition de calorique loin de dilater l'eau, y détermine une contraction plus grande *. M Person a remarqué que le même fait se produisoit dans quelques dissolutions salines, oij, malgré l'absorption de chaleur, il y a diminution de volume ^. L'argile qui a subi une certaine préparation, l'acier trempé, l'alliage de quatre parties de bismuth, une de plomb et une d'étain, offrent des phénomènes analogues. La dilatation ne peut donc être attribuée, d'une manière absolue, à l'action propre du calorique. Il paroît encore résulter de ces faits qu'elle n'est due, exclusivement du moins, ni à l'écartement mécanique des molécules des corps par l'introduction du calorique entre leurs pores, ni à la force répulsive du calorique lui-même; car, dans ces deux cas, l'effet, toutes choses d'ailleurs égales, seroit nécessairement proportionnel à l'intensité de sa cause ou à la quantité de calorique.

I Ce fait, quoique généralement admis, mérite cependant un nouvel examen. Certaines expériences de réfiaction faites par M. Arago , paroissent opposées dans leurs résultats à celles d'où l'on conclut que l'eau à 4* est à son maximum de densité.

* Recherches concernant la chaleur qui devient latente dans le passage de l'état solide à l'état liquide. Comptes rendus de VJcadémie des Sciences, séance du 14 octobre 184 î.

Au fond, à quoi se réduit, quelque explication qu'on en puisse donner, le phénomène de dilatation? Uniquement à ce qui vient d'être dit, àl'écartement des molécules. Or Técartement des molécules d'un corps, c'est l'expansion de ce corps. Et l'expansion qu'est-ce, si n'est l'effet direct de la force agissant suivant ses lois essentielles et propres? Il sembleroit donc plus conforme à une sévère logique de rapporter au principe de force, comme à leur cause réelle, immédiate, les phénomènes de dilatation, qui ne sont, après tout, que des phénomènes de mouvement ; et Télectricité, qui n'est, selon nous, que le principe de force inhérent à l'éther ou au fluide primitif et universel, n'offre-t-il pas de nombreux phénomènes de répulsion apparente, qui s'expliquent par les simples lois de l'impulsion, ou de la combinaison de mouvements opposés dans leur direction? Toute répulsion n'est, à le bien prendre, qu'un cas particulier de dynamique.

Tout corps contient de l'électricité, de la lumière et du calorique, à l'état d'équilibre ou à l'état latent. Que l'on change en lui, par addition ou par soustraction, la quantité d'un de ces trois fluides, l'équilibre sera rompu, il se produira du mouvement, il y aura ce que la physique nomme dégagement d'électricité. Mais le mouvement produit peut être de deux sortes, selon qu'il dépend spécialement.

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