LIVRE X*.— CHAPITRE VU
quant à ses effets de la lumière ou du calorique, et il peut aussi ou dissoudre le corps, si le changement survenu détruit la proportion voulue entre ses éléments constitutifs, ou s'opérer dans des conditions qui, laissant le corps subsister suivant sa nature, ne déterminent en lui que des variations d'étendue.
En tant que le mouvement produit dans un corps homogène, dépend directement et spécialement de la lumière, l'action de la force libre a pour effet de changer le mode d'agrégation de ses molécules ; en tant qu'il dépend directement et spécialement du calorique, la force libre n'ayant de relation à rien de ce qui relève de la forme, elle ne se conçoit dans ses effets que comme une pure et simple expansion.
Mais étant donnée, une force latente, une force à l'état d'équihbre, une augmentation de calorique peut-elle la ramener à Tétat libre ou d'activité? Oui théoriquement, puisque l'équilibre a pour condition, en tout corps, une certaine proportion déterminée par la nature de ce corps, des trois fluides qui forment ses éléments constitutifs. Oui, expérimentalement, puisque, pour rappeler un seul fait parmi tant d'autres de même genre, la chaleur appliquée à un point quelconque d'un circuit métallique, y détermine un courant d'électricité.
Qui ne voit, d'ailleurs, que les mêmes causes, modifiées seulement par ce qui caractérise les dif-
iGO II* PARTIE. — DE L'HOMME.
férents ordres d'êtres , doivent produire en chacun de ces ordres des effets radicalement les mêmes? Le calorique est, dans les corps dépourvus d'organisation, ce qu'est la vie dans les êtres animés, Ténergie qui unit la force et la forme, et sans laquelle l'une et l'autre, manquant, par leur séparation, d'une condition indispensable de leur activité propre, resteroient éternellement inertes. De là, dans les êtres organiques, cette constante relation qu'on observe entre les intensités de leurs énergies diverses. Plus la vie abonde, plus elle est puissante, plus aussi la force, stimulée par elle \ acquiert de puissance et d'activité. Le même phénomène se reproduit, en vertu des mêmes lois premières dans les corps inorganisés. La vie, telle qu'elle existe en eux, le calorique enfm, exerce sur la force une action semblable ; il en est, au sein de TUnivers, le grand excitateur. Or, l'activité de la force se manifeste par l'expansion, identique avec la dilatation. Il n'est donc nullement nécessaire, pour expliquer celle-ci, de recourir à l'hypothèse de forces répulsives imcompréhensibles en soi, hypothèse qui, en outre,
' La force ne devenant actuellement active (lue par son union avec la forme, sans quoi il existcroit des mouvements indéterminés, l'éner{ïie essentielle qui unit la force à la forme, est un principe stimulant de la force, puisc^u'elle est une condition universelle et nécessaire de son activité; et toute stimulation, toute excitation n'est pas autre chose. Quel qu'en soit lagent, il ne crée pas la force, il love un obstacle à son action, ou réalise une condition de son action.