‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 86 sur 229 · LIVRE Xî«.— CHAPITRE 1er · texte numérisé non relu

LIVRE Xî«.— CHAPITRE 1er

ment premier du corps, et le corps même individuellement complet; d'où l'évidente nécessité pour la science, d'unir en un tout indivisible les données fournies par la pensée pure et celles que fournit l'expérience sensible, le fait qui vérifie l'idée dans la sphère du réel, et l'idée qui explique le fait dans la sphère du vrai où réside sa cause.

Que si, laissant de côté les discussions qui se rattachent à la théorie des atomes, nous considérons simplement les corps comme un assemblage de molécules étendues, quelles qu'elles soient, on peut se demander si ces molécules sont, soit entr'elles, soit avec l'éther, en un genre de contact parfait ou absolu. Cette question débattue en des sens divers sous le nom de question du vide et du plein, paroît attendre encore une solution satisfaisante. Elle se lie aux plus hauts problèmes de la philosophie, et c'est pourquoi nous ne saurions la passer sous silence. Essayons d'y répandre quelque jour.

11 existe deux sortes de contact, la contiguité et la cohésion. L'attraction produit la contiguité, l'affinité produit la cohésion. L'attraction exprime le rapport du principe d'union avec la limite des corps identique en tous; l'affmité , le rapport du même

matière est son domaine propre, l'esprit lui est étrangler. Or, essentiellement positives, toutes les vraies causes sont spirituelles essentiellement.

principe avec leur forme intime, variable en chacun. Les faits ne permettent pas de les confondre. Dans deux corps de même masse, même attraction, mais non toujours même cohésion : donc la cohésion ne dépend pas uniquement de Tatlraction.

Lorsque Taffmité n'agit pas, les corps se superposent seulement, et leur union, dans ce qu elle a de sensible pour nous et quant à nos moyens de l'apprécier, est proportionnelle à leur poids. Or, d'après une expérience de M. Gay-Lussac, pour séparer du mercure un disque de verre, de 1 18 m™ 366 de diamètre, on devrait employer tantôt 296 gram. tantôt \ 58, suivant qu'on mettroit un temps plus ou moins long à ajouter les poids. Il est clair que la résistance ne dépend pas ici de la seule attraction, qui est une force constante; et puisque l'effet variable est un effet de cohésion, la cohésion a donc un autre principe que l'attraction.

Toutefois, la cohésion qui, dans ce qu'elle a de propre, dépend de l'affinité dont nous étudierons plus tard la nature et les lois, la cohésion, disons-nous, ayant lieu entre des molécules étendues ou limitées, se complique par conséquent toujours des phénomènes de pure attraction. Pour l'éclaircissement du problème que nous nous sommes posé, il suffit de le considérer dans ses rapports avec celle-ci.

Une de ses lois, ainsi qu'on le sait, est d'agir en

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