LIVRE XI®. — CHAPrntJE oRe
riiypotlièse du plein absolu, seroit doué d'une densité absolue. Or une densité absolue implique Tunité absolue, quelque cbose qui, n'étant susceptible ni de plus ni de moins, exclut l'idée de parties dont le nombre peut toujours être conçu ou plus petit ou plus grand. Et comme Tidée de parties est inséparable de ridée d'étendue, l'hypothèse du plein absolu équivaut à la négation de l'étendue ou à la négation des corps. Il y a donc du vide dans tout corps; tout corps est donc poreux. Cependant, quand nous parlons de vide, on ne doit attacher à ce mot qu un sens relatif, car le vide absolu n est pas moins impossible que le plein absolu. Le vide, conséquence de la hmite et négatif comme elle, est purement phénoménal ,* et par conséquent, étranger à tout ce qui se conçoit sous une notion positive,* il n'est qu'un aspect de l'idée de circonscription ou de détermination dans l'espace, puisque rien de continu ne sauroit être circonscrit ou déterminé. A ce point de vue, il dépend de la forme, et rien n'existant que sous une forme, il y a, par rapport à cette forme, des vides nécessaires dans tout corps et dans les éléments de tout corps. Ces vides sont ce qu'on nomme les pores, et ils dépendent évidemment, quant à leur nombre, à leur disposition, à l'espace qu'ils occupent, de la nature du corps ou de la forme de ses molécules et de leur mode d'à-
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grégation. L'énergie propre de la forme, déterminant la force à certaines directions dans le développement de la substance, établit entre les éléments étendus du corps les relations de distance que sa nature implique, relations d'où résultent les pores ou interstices, sans lesquels toute configuration seroit impossible.