INERTIE
On voit que la dilatation, comme tout changement qui Survient dans les corps, n'est, dans ses rapports avec l'espace, qu'un phénomène de mouvement. Le mouvement n'est que l'action de la force. C'est donc mal définir l'inertie que de dire que i( trois choses essentielles la constituent : 1° la né-
188 ne PARTIE. — DE L'îï03niE.
« cessité d'une force pour donner du mouvement à « la matière; 2° la permanence du mouvement quand « la force a cessé d'agir ; 5^ la nécessité d'une force « nouvelle pour changer le mouvement qu elle a (( reçu ^ )).
La seconde de ces conditions paroît inadmissible, autrement il faudrait admettre des effets actuels
' Pouillet, tom. I, p. 45. — Herschel présente les mêmes idées sous une forme un peu différente : « La matière, dit-il, ou ce je ne sais « quoi qui nous rend les corps sensibles, se présente à nous avec « deux qualités générales qui, au premier abord, semblent contra- « dictoires, l'activité et l'inertie. Son activité est prouvée par la « puissance dont jouit un corps d'en mettre un autre en mouvement, « d'obéir à une impulsion étrangère, de céder même à sa propre « influence. Son inertie est démontrée par la propriété que possède « chaque objet de persévérer dans l'état où il se trouve, à moins que « quelque force, quelque cbose d'extérieur ne le déplace. Cette con- « tradiction néanmoins n'est qu'apparente. La force est la cause, le « mouvement l'effet produit. Dire donc que la matière est inerte, ou « a de P inertie , comme on s'exprime, ce n'e.st dire autre chose, si ce « n'est que la cause s'est épuisée à produire son effet, et qu'elle ne « peut, si elle ne se renouvelle, le produire une deuxième, une troi- « sième fois. On peut, sous ce point de vue, concevoir ré(iuilibre « comme la production continuelle de deux effets opposés , qui se « paralysent incessamment. » Disc, sur Vétude de la philosophie naturelle, p. 224. Mm cause qui s'épuise est une cause qui cesse d'être. Les causes cessent-elles d'être? La force qui produit le mouvement cesse-telle d'être? Non, mais elle passe du corps qu'elle mouvoit, en d'autres corps dans lestjuels, en se combinant avec leur force propre, elle continue d'agii' selon sa nature et selon les lois de sa communication. Un atome en mouvement dans un milieu non résistant, conserveroit, comme \\n monde, à jamais ce mouvement, non en vertu d'une propriété de ce je ne sais <7«o/ qu'on appelle matière, mais parce qu'il conserveroit à jamais, et dans le même état, la cause du mouvement, la force qui rcn{jendre et dont il n'est que l'action.