‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 99 sur 229 · LIVRE XI*.— CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE XI*.— CHAPITRE

sans cause actuelle. La permanence du mouvement n'est que la permanence de Faction de la force, car la force ne peut être conçue que comme l'activité pure, dont le mouvement est la manifestation sensible. Partout où il y a force, il y a donc mouvement, à moins qu'une autre force ne fasse équilibre à celle-ci, et alors elle devient latente.

Les fausses notions de l'inertie viennent, comme tant d'autres, de la notion fausse qu'on se fait de la matière. Dès qu'au lieu de voir en elle uniquement le principe du fini, uniquement la limite des êtres, on lui attribue des qualités positives, toutes les idées se brouillent, on ne se reconnoît plus en rien. Si, la séparant par la pensée de tout ce qui n'est pas elle, on suppose qu'elle subsiste, ou puisse subsister dans cet état, comment, privée de toute force interne, en concevoir Texistence? Et si Ton ne peut concevoir qu'elle subsiste séparée de tout ce qui n'est pas elle , réduite exclusivement à soi elle manque donc des conditions d'être, elle est donc quelque chose de purement négatif. Or, comment concevoir que quelque chose de purement négatif reçoive de la force, se meuve, engendre des phénomènes, possède des propriétés quelconques? Ce sont là non pas des obscurités, mais des contradictions palpables. L'inertie n'est donc point, comme on le dit, une propriété de la matière ; elle est la persis-

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tance des corps dans un état donné, aussi long-temps que subsiste, sans aucun changement, Faction des causes qui ont déterminé cet état.

Telles sont les qualités qu'on appelle propriétés générales des corps. Elles se résolvent clairement, ce nous semble, dans les propriétés essentielles, universelles, nécessaires des êtres, n'en sont que des manifestations, dont le caractère commun est d'exprimer, dans le monde physique, le rapport de ces propriétés avec la limite inhérente à tout ce qui n'est pas l'Être inconditionnel, absolu.

Considérons maintenant les corps sous un autre point de vue, en recherchant les lois qui président à ce qu'ils offrent de plus intime, les phénomènes moléculaires, objet propre de la chimie.

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