‹ Esquisse d'une philosophie (volume 3)Chapitre 101 sur 247 · SCULPTURE · texte numérisé non relu

SCULPTURE

Comme l'architecture correspond au monde inorganique ou à la masse solide de la terre , matrice commune des êtres , la sculpture correspond au monde organique, et le reproduit dans la variété de ses deux règnes végétal et animal, se développant toujours jusqu'à ce qu'elle arrive au dernier terme de la série des êtres animés ou au plus parfait de ces êtres, l'homme. On voit déjà quel étroit lien l'unit à l'architecture. Sans celle-ci elle manqueroit et de principe générateur, et de raison, et de lieu, car le lieu doit être fourni par l'art même aux œuvres de l'art, dont les lois, sous ce rapport, représentent celles de la Nature. Chaque contrée a ses productions harmoniques entre elles et toutes empreintes dun même caractère, déterminé par celui du sol. Les productions de l'architecture, ou les arts dont elle est la mère, varient également comme elle, suivant le type ou l'idée première qui

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a présidé à leur évolution ; elles en conservent immuablement le caractère indélébile : et c'est pourquoi autres ont été la sculpture égyptienne et la sculpture grecque, celle-ci est la sculpture chrétienne; et la peinture, comme on le verra, et généralement tous les arts sont assujettis à la même loi d'unité.

Deux choses, en outre, sont à remarquer dans le développement de l'Art. Son objet étant la reproduction du Beau, infini par son essence, et ne pouvant le reproduire que sous des conditions finies, ses moyens doivent former une série ascendante ou comme autant de degrés par lesquels l'Art s'élève vers son type éternel. En second lieu, cette série représente celle des formes créées, de plus en plus complexes, de plus en plus parfaites; de sorte que le développement de l'Art correspond au développement de la Nature, n'est, à l'égard de la puissance créatrice de l'homme, que ce développement même dans ses rapports avec le Beau : ce qui doit être, puisque le Beau est radicalement identique avec l'Etre.

Voyons, en effet, comment la sculpture naît, comment s'opère son évolution. Originairement l'édifice est nu. Sa beauté consiste uniquement dans réléganceet l'harmonie des lignes, et dans leur intime relation avec la pensée qu'elles expriment, ainsi

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