LIVRE VIIe. — CHAPITRE II
féconde simplicité des lois qui régissent et enchaînent étroitement les phénomènes de tous les ordres. La science se développe comme la pensée , et l'une et l'autre se développent comme le germe animé, comme l'embryon. Il y a , dans toutes les deux, un principe d'unité qui préside , sans être aperçu , au travail d'organisation : car ni la science ni l'intelligence ne se développent arbitrairement. Elles offrent, dans leur croissance, des parties en apparence isolées, disjointes, dont les relations nous échappent , mais qui néanmoins , nécessaires au tout, coopèrent à sa formation, et y trouveront leur place déterminée d'avance.
Sous l'influence d'un principe semblable, on voit, dans l'être à peine naissant, les organes divers se former ça et là , sans découvrir leurs points de liaison , leur action réciproque et leurs relations harmoniques. Peu à peu les distances se rapprochent , les vides se comblent, les relations se manifestent , et l'unité du tout apparoit.
Ainsi de la société : l'organisation en est également fragmentaire , progressive. Il se forme d'abord des aggrégations isolées, partielles, des classes, des tribus , des peuples , sans presque aucune connexion apparente. Ce sont les éléments de l'unité humaine , et jusqu'à ce qu'elle ne soit extérieure^ ment et pleinement accomplie , le genre humain ,
22 IIe PARTIE. — DE L'HOMME.
organiquement incomplet, inachevé, continuera de vivre à Tétat d'embryon. Malgré ses progrès qui nous étonnent , il tient encore à la Nature , à la matrice universelle , par des liens analogues à ceux qui unissent le fœtus à la mère, il flotte encore dans les eaux de Tamnios.