‹ Esquisse d'une philosophie (volume 3)Chapitre 126 sur 247 · LIVRE VIII0. — CHAPITRE V. 24S · texte numérisé non relu

LIVRE VIII0. — CHAPITRE V. 24S

de Técole grecque. Quoique nous n'ayons guères pour constater ce fait que les vases dits étrusques, ils sufOsent amplement; et l'on conçoit d'ailleurs que le progrès spontané de l'art dut se manifester simultanément dans ses diverses branches. A toutes les époques il préspnte un certain caractère général facile à reconnoilre au milieu de la variété de ses productions.

Dépouilles magnifiques des nations vaincues, les ouvrages des grands maîtres abondoient à Rome vers la fin de la république et sous les empereurs. Tous ont péri soit de vétusté, soit par des accidents fortuits, soit dans les désastres de la cité reine: pas un n'est venu jusqu'à nous. Celte perte est d'autant plus regrettable, que nous ne saurions nous faire une idée bien nette de ces monuments du génie ancien, d'après les descriptions qu'on nous en a laissées. Après avoir lu Pline, si l'on se demande ce qu'étoit l'art dont il énumère les œuvres les plus renommées, on ne sait que répondre. L'enthousiasme qu'elles excitoient chez des peuples qui avoient sous les yeux les merveilles des Phidias, des Lysippe, des Myron, des Scopas et des Polycîète, prouve sans doute qu'elles offroient un haut degré de perfection, mais ne nous apprend rien ni sur les procédés de l'artiste, ni sur la nature des effets que l'on admiroit : tant il est vrai que l'Art n'est point une simple

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imitation de la Nature, qu'il existe pour lui un autre ordre de beauté et de vérité, autrement nous connoilrions l'art ancien aussi parfaitement que l'art moderne. N'étant l'un et l'autre que deux empreintes du même type invariable, il ne resteroit pour nous d'obscur et d'incertain que ce qui touche les moyens matériels d'exécution, et des détails de pur métier.

Des tableaux en assez grand nombre ont été, le siècle dernier, et sont encore chaque jour exhumés des ruines de Pompeï. Si, comme il y a tout lieu de le croire, on peut juger de la peinture antique d'après ces productions, inférieures certainement et de beaucoup à celles des artistes célèbres , mais qui en représentent néanmoins une sorte d'image affoiblie, elle se seroit principalement distinguée par les qualités qui dérivent immmédiatement de la sculpture, l'exquise pureté des lignes , la beauté des formes, l'élégance des poses, en un mot, par la perfection du dessin, et conséquemment de l'expression ; à quoi il faut joindre l'éclat, quoique trop vif peut-être, trop peu nuancé, du coloris. Du reste, peu de perspective, de perspective aérienne surtout. Un passage de Denys d'Halicarnasse semble indiquer que le clair-obscur n'étoit point inconnu des Grecs. Les monuments de la peinture antique échappés à la destruction, n'en offrent néanmoins,

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