LIVRE VIIIe. — CHAPITRE V
de semblable eut lieu vers la fin du quinzième et le commencement du seizième siècle, âge fécond en tous genres de grandeurs, âge de tranformation , mais d'une tranformation qui en présageoit une plus profonde, celle qui s'accomplit sous nos yeux.
Quelques-uns de ces hommes que, de loin en loin, la Nature investit d'une sorle de souveraineté, Brunelleschi et Michel-Ange, Léonard da Vinci et Raphaël Sanzio, exercèrent sur l'art, à cette période de son développement , une influence principale. Le mouvement venoit de plus haut, mais ils le hâtèrent et contribuèrent plus que nul autre à en fixer la direction. L'esprit humain se replioit alors en toutes choses vers l'antiquité, qui, sortant de la poussière des siècles , reparoissoit environnée du double prestige d'une beauté dont le type étoit depuis long-temps perdu, et de la nouveauté. Il faut le dire aussi, après le moyen-âge nourri d'une foi poétique, mais imposée rigoureusement à la raison, la pensée , lasse de cette contrainte , cherchoit une autre sphère où elle pût s'étendre, déployer ses forces, s'épanouir en quelque manière dans le sentiment de sa liberté, hors des limites au-dedans desquelles les règles sévères et le dogmatisme absolu de l'Église l'avoient jusque-là renfermée; et, d'une autre part, la nature humaine que le spiritualisme