‹ Esquisse d'une philosophie (volume 3)Chapitre 134 sur 247 · LIVRE V1H«. CHAPITRE V. 2K · texte numérisé non relu

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plus en plus, devoit tôt ou tard avoir infailliblement pour résultat la prépondérance absolue du principe antique en lutte avec le principe cbrétien ; car leur tendance étant inverse, s'appliquer à développer l'un, c'était s'éloigner de l'autre, lui assigner une place inférieure, et le développement du principe antique, introduit à la Renaissance dans l'art exclusivement chrétien, caractérisoit, comme nous l'avons dit, la révolution qu'il subit alors.

Les chefs-d'œuvre de cette époque resteront certainement toujours une des gloires de l'humanité. Mais, si l'on y regarde de près, on reconnoîtra que, malgré les progrès incontestables dans certaines parties de l'art, leur beauté principale dérive encore de l'élément chrétien ; car la décadence qui ne larda pas à se manifester, concourt avec l'afToiblissement graduel de cet élément, à mesure que prévaloit l'élément grec de la forme pure; et cela est visible dans Raphaël même. Quelle distance, quant à l'expression, de ses Vierges conçues d'après le type traditionnel du Pérugin, à celles à qui l'artiste immortel, inclinant déjà vers le matérialisme qui devoit dominer plus tard , donna pour type la Fornarinal

Le doute et le sensualisme pénétraient, vers ce temps, de toutes J parts dans la vie. L'art religieux ne puisoit donc plus dans la foi énergique et naïve

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des siècles antérieurs , ces inspirations premières qu'aucun travail de l'esprit ne supplée. Le génie des grands maîtres recueillit, pour ainsi parler, les derniers et magnifiques restes de cette foi qui seule auparavant animoit l'art, et certes on ne peut nier qu'on n'en retrouve la majestueuse empreinte dans leurs plus belles compositions. La Cène de Vinci , la Transfiguration , le Spasimo , la Communion de saint Jérôme , tant d'autres œuvres de cette époque féconde, en fournissent d'éclatants exemples. Mais, en même temps , reparoissoient les sujets payens , l'Olympe et ses dieux, les allégories et les symboles mythologiques. Le pinceau moins austère se plaisoit à reproduire les scènes joyeuses ou tristes, calmes ou passionnées d'un monde qui se transformoit, les fantaisies d'une pensée plus libre. La philosophie , au Vatican même , se posoit en face de la foi, les Ecoles d'Athènes devant la Dispute du Saint-Sacrement. Ainsi l'on déclinoit peu à peu en des voies nouvelles; à l'idéal chrétien, placé audessus de la sphère des sens, se substituoit l'idéal antique de la forme. Des hauteurs du spiritualisme, à travers des régions élevées encore, par une pente semée d'aspects ravissants, on descendoit vers les lieux bas où l'horizon se rétrécit et où l'art se perd. Tout sembloit contribuer à le pousser sur cette pente glissante; tout, jusqu'au coloris, si admirable

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