LIVRE VIIIe. — CHAPITRE VI. 28S
entre les danseurs , surtout de sexe différent , une secrète communication , une sorte de courant magnétique, qui agit puissamment sur l'appareil nerveux. Et quant à l'influence du rhythme sur la marche soit de l'homme, soit de quelques animaux, dont l'organisation devroit être, sous ce point de vue, attentivement examinée, leur mouvement progressif étant par sa nature essentiellement rhythmé, tout ce qui provoque en eux la sensation du rhythme, doit aussi provoquer le mou* vement qui y correspond, et en diminuer la fatigue proportionnellement à l'excitation.
Avant de quitter le sujet traité dans ce chapitre, il est hon de faire remarquer de nouveau l'intime liaison des diverses branches de l'art, varié dans ses manifestations comme nos facultés , radicalement un comme l'homme même. D'où il résulte que l'objet de l'Art, c'est-à-dire le Beau, est aussi essentiellement un, absolu dès-lors, infini en soi, bien que ses reflets dans la Création soient finis ainsi qu'elle; et c'est pourquoi, à quelque hauteur que l'Art ait pu s'élever, il tend toujours au-delà, par un éternel mouvement d'ascension vers son dernier terme. Et le terme où il tend est aussi le principe d'où il sort , car il cesseroit soudain d'exister, si ce terme cessoit d'être, ou si, continuant d'être , l'homme cessoit d'en avoir le senti-
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ment et la vision. Ainsi l'Art prouve Dieu, et la grandeur de l'homme uni à Dieu et possédant la conscience de cette union ; il est le culte instinctif et naturel que rend à l'Etre souverain la créature intelligente, puisqu'elle exprime par lui sa conception des choses et de leur suprême Auteur, l'admiration, l'amour, tout ce qu'elle ressent en soi à la vue du mystérieux modèle, de la beauté inénarrable qu'elle contemple avec ravissement.