‹ Esquisse d'une philosophie (volume 3)Chapitre 158 sur 247 · LIVRE IXe — CHAPITRE 1er. 30S · texte numérisé non relu

LIVRE IXe — CHAPITRE 1er. 30S

tions, que l'habitude nous dissimule, soient inhérentes à ce système relativement moderne, rien jusqu'ici ne fait prévoir qu'on doive ultérieurement y en substituer un nouveau, qui d'ailleurs, quel qu'il fut, auroit aussi ses imperfections propres.

La tonalité une fois établie, l'art musical embrasse quatre choses, le rhythme, la mesure, le mouvement, l'expression.

Le rhythme a sa racine dans les lois premières du mouvement, car tout mouvement déterminé, ayant pour cause une force également déterminée, ne sauroit être conçu dans sa continuité indéfinie, que comme le résultat d'une suite d'actions proportionnées chacune à l'intensité invariable de la force qui l'engendre, et renouvelées dès-lors en des espaces de temps rigoureusement égaux. Ainsi donc

complémentaire, qui est l'octave de la tonique. Tant qu'il n'a point été perçu, l'oreille reste en suspens et comme en souffrance, faute d'un point de repos. Cela tient à ce que, dans le développement de cette série naturelle des sons dérivés, jusqu'à ce que la tonique ou le son générateur ne reparoisse, il est incertain pour l'oreille que la progression ait atteint son terme, ou que la fécondité, pour ainsi dire, du son générateur soit épuisée. Les sons en quelque sorte latents qu'il contenoit et que successivement il a produits au dehors, se recomposent en lui, comme les couleurs du prisme se recomposent dans la lumière blanche où elles subsistent latentes aussi. La variété vient se résoudre dans l'unité première et dernière. Sous ce point de vue, la gamme diatonique compr endroit huit sons, au lieu de sept; et alors elle se composeroit de deux tétracordes semblables, ce qui rapprocheroit, à quelques égards, notre tonalité de la tonalité des Grecs.

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