LIVRE VIIe. — CHAPITRE III
même action, modifiant l'animal dans ses conditions purement physiologiques, sans pouvoir jamais le douer de facultés dont il n'a pas le germe , a créé pour lui la nécessité fatale d'agir et de sentir selon ces modifications; en un mot, l'homme est parvenu à incarner en lui, sans changer sa nature, quelque chose de son intelligence et de son amour même. Nous ne saurions trop insister là-dessus , et ce que nous désirons surtout que l'on comprenne bien, c'est que, dans cet ordre de communications comme dans tous les autres , on ne doit pas se figurer une action abstraite , une action qui , se résolvant dans un simple fait de contiguité , seroit inintelligible et contradictoire, mais une action vraiment effective, laquelle, du corps inorganique jusqu'à l'être le moins limité, implique, du côté de l'agent, une transfusion réelle de quelque chose de soi ; et nulle union quelconque n'est possible autrement , car être uni , c'est ne faire qu'un , c est être constitué en un certain genre d'unité plus ou moins étroite; et l'unité parfaite de la Création, semblable à l'unité divine , résulteroit de la parfaite communication des êtres divers se donnant mutuellement les uns aux autres, selon tout ce qu'ils sont, par une complète effusion d'eux-mêmes.
Quoique la vie pastorale favorise beaucoup plus que la vie de chasseur le développement de l'espèce,