TOME III
54 tl6 PARTÏE. — DE L*HOMMÉ.
ce développement ne sauroit néanmoins dépasser des limites très-resserrées encore. Un troupeau, suffisant pour assurer le simple nécessaire à un nombre d'hommes déterminé, exige un territoire comparativement d'une vaste étendue ; et comme le pasteur est assujetti à des déplacements continuels, que souvent même, selon les saisons, il lui faut habiter des lieux situés à de longues distances les uns des autres, ces habitudes errantes arrêtent presque entièrement le développement de l'industrie, qui nécessite des travaux sédentaires, des établissements stables , de sorte qu'une grande partie des facultés humaines demeureroit inactive , si l'homme restoit fixé dans l'état pastoral.
L'agriculture, divinisée dans son origine par les anciens qui en avoient compris l'importance souveraine, l'agriculture seule permet à la population de s'accroître indéfiniment. Elle fournit à l'homme une quantité considérable de subsistances nouvelles, tandis qu'il conserve une portion de celles qui proviennent de la chasse, et que celles qu'il tire des troupeaux augmente au lieu de diminuer ; car la culture, en forçant la terre à produire en plus grande abondance la nourriture appropriée aux animaux domestiques, donne le moyen de les multiplier davantage sur une surface égale, lors même qu'elle n'est pas, à beaucoup près, consacrée uniquement à leurs besoins.