TOMB III
418 IIe PARTIE. — DE L'HOMME.
domine ou l'idée pure, ou le sentiment, la passion, l'image. Le rhythme plus varié, plus libre, y est autre, mais il y est toujours, ainsi que l'harmonie, le son expressif et pittoresque. Souvent même l'un et l'autre s'y proportionnent mieux à la pensée, en suivent mieux le mouvement; le rhythme l'enlace avec plus de souplesse, la serre plus fortement, l'harmonie en est l'écho plus fidèle. Le vers a d'autres avantages sans doute ; il plait à l'oreille par une cadence plus régulière et plus marquée , par ses retours symétriques; il est, dans notre système musical, seul propre au chant. Mais ce système, comme on l'a montré, ne correspond qu'à une face de l'art ; il exclut le genre d'effets que produisoit la musique antique , et , par les côtés mêmes où il se rapproche du vers, il crée à la poésie , lorsqu'elle s'unit au chant , des entraves nombreuses , et tend à la détruire entièrement.
Sous ses deux formes générales du vers et de la prose , son évolution présente les mêmes phases. D'abord religieuse et philosophique , elle exprime les. premières conceptions que l'esprit humain se fit de Dieu et de l'univers , recueille les traditions anciennes sur l'origine de l'homme, son existence primordiale et ses destinées. Elle est lyrique , épique , comme la Genèse et les livres sacrés de l'Asie orientale. Le progrès de la pensée la modifie ensuite.