‹ Esquisse d'une philosophie (volume 3)Chapitre 42 sur 247 · LIVRE VIIe. — * CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE VIIe. — * CHAPITRE V

monie, d'où naissent, dans la sphère du pur entendement , les formes grammaticales et logiques des langues , et , dans la sphère dépendante de la faculté de sentir, leur nombre, leur rhythme, leur mélodie.

Mais rien , d une part , ne pouvant être qui ne soit manifesté, puisque rien ne peut être qui ne soit doué de forme, et que toute forme contient en soi une puissance nécessaire de manifestation ; et, d'une autre part , le langage étant le mode spécial de manifestation propre à l'homme, le langage lui est aussi naturel que l'existence même, et il n'est point de contradiction plus absolue que de supposer la forme, la nature humaine existante, sans que la manifestation de cette même nature, de cette même forme n'existe simultanément. Essentiellement insé* parables , elles commencent ensemble et se développent ensemble.

On l'a senti , et c'est pourquoi on a soutenu que l'homme devenoit un être pensant, c'est-à-dire un homme véritable, au moyen de la parole qu'il recevoit de Dieu surnaturellement, ou par une révélation en dehors des lois de sa nature et indépendante d'elles; qu'avant ce don de la parole, il n'étoit qu'un simple animal, et un animal moins favorisé que la plupart des autres : ce qui revient à dire qu'avant ce don la création de l'homme n'étoit

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