‹ Esquisse d'une philosophie (volume 3)Chapitre 47 sur 247 · LIVRE VIIe. — CHAPITRE VI. 9i · texte numérisé non relu

LIVRE VIIe. — CHAPITRE VI. 9i

Tellement. Exister et se manifester , exister et agir a été pour lui une seule et même chose. De cette action résultent des phénomènes variés , suivant la diversité des corps sur lesquels s'exerce l'affinité radicalement une du corps agissant ; et ces phénomènes représentent les rapports divers des natures diverses et leurs combinaisons possibles, chaque nature ou chaque forme restant d'ailleurs inaltérable. Mais celte forme réalisée sous les conditions de l'étendue , cette forme corporelle contient en soi primitivement, nécessairement toutes les conditions de son existence et des manifestations de son existence, dans ses différentes relations avec les autres formes, conditions sans lesquelles on ne la sauroit concevoir , qui n'ont point d'origine externe , qui sont son essence môme.

Chez les êtres organiques l'instinct n'est non plus que l'énergie spécifique de leur nature ou de leur forme essentielle. Ce point a été établi déjà ; mais, comme il importe qu'il soit compris aussi clairement que possible , nous essaierons de le présenter sous un nouveau jour. Tout se lie tellement dans l'œuvre de Dieu , et telle est l'unité de ses lois générales , qu'à moins d'en embrasser l'ensemble , chacune de ses parties reste pour nous couverte de ténèbres impénétrables.

Étant donné un corps inorganique, qu'afin de

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simplifier ce que nous avons à dire nous suppose* rons cristallisé , remontons au-delà de tout ce que les sens peuvent atteindre, jusqu'à la plus petite molécule saisissàble par la pensée. Cette molécule , si tenue qu'elle soit, est encore étendue, elle a une figure déterminée, et cette figure fondamentalement invariable , cette figure que reproduisent toutes les molécules homogènes, exprime, représente extérieurement la nature spécifique du corps, elle en est la manifestation sensible. Or, ce fait a nécessairement sa raison, sa cause; et puisque la cause d'un fait ne peut être le fait même, et que celui dont nous cherchons la cause subsiste, comme simple fait, aussi long-temps que la molécule figurée subsiste elle-même sous les conditions de l'étendue, sa cause est donc inétendue. De plus, cette cause ayant une relation nécessaire à son effet , le contenant en soi, il s'ensuit que la figure, en ce qui fait son essence, existe dans sa cause inétendue. C'est là ce que nous nommons forme , et la forme est douée d'une efficace réelle, puisqu'elle est cause, puisqu'elle réalise la figure qui la manifeste dans le monde phénoménal.

Mais Tétendue seule étant divisible, la forme inétendue est rigoureusement une, et c'est pour cela qu'elle peut, restant toujours la même, se multiplier indéfiniment au moyen de la limite, sans la-

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