‹ Esquisse d'une philosophie (volume 3)Chapitre 57 sur 247 · LIVRE VIIe. — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VIIe. — CHAPITRE VII

pour se conserver de réagir sans cesse contre elle, de combattre ses puissances fatales, ses puissances gigantesques et de les vaincre, lui si frêle et si désarmé ; il faut, dis-je, se le représenter dans cet état originaire, pour comprendre l'immensité du progrès accompli déjà, et qui néanmoins n'est que l'annonce, le germe à peine éclos d'un progrès futur, dont le terme fuit éternellement dans les profondeurs de l'univers et de la durée.

Evidemment si l'homme n'étoit qu'un simple être organique, s'il ne disposoit d'autres forces que des forces internes correspondantes à l'organisme et à ses fonctions, non-seulement il ne s'élèveroit point audessus des animaux ; mais, au-dessous de plusieurs d'entre eux, il lui seroit impossible de remplir ses hautes destinées, et même de résister long-temps aux causes destructives qui l'assiègent de toute part. Son existence et son développement impliquent rigoureusement, avec des instincts supérieurs, l'intelligence au moyen de laquelle il supplée ce qui lui manque, l'intelligence qui est la source de tout progrès illimité, parce qu'elle est elle-même sans limites. Résumant, comme on l'a vu, dans sa nature, toutes les natures inférieures, il doit posséder, d'une certaine manière, toutes les forces qui leur appartiennent; sans quoi comment les dompteroit-il , comment parviendroit-il à les soumettre à sonem-

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