TOME III
114 IIe PARTIE. — DE L'HOMME*
pire? Elles ne sont pas en lui, mais il se les rend propres par son intelligence, parla connoissance de leurs lois; et puisque sa pensée, son esprit les maitrise, s'en fait obéir, elles sont donc, elles aussi, esprit par leur essence, et les conditions matérielles de leur manifestation phénoménale n'en sont que la borne. Animées ou inanimées il les dirige, il dispose d'elles, il les fait servir à ses fins, de sorte que, depuis les fluides élastiques jusqu'aux corps bruts , depuis les corps bruts jusqu'aux plus parfaits des corps vivants, tous les êtres sont pour lui comme autant d'organes ; c'est-à-dire que, d'une part, il s'incarne dans la Nature, la pénètre de ses secrètes puissances et de sa vie, et que, d'une autre part, la Nature assujettie à sa volonté tend à devenir, en quelque façon, son organisme, son corps, à se fondre dans son unité, comme lui-même il tend à se fondre dans l'unité de Dieu vers lequel il entraine avec soi la Création.
Une retraite, des vêtements, des armes, telles furent ses premières nécessités. Notre but n'étant pas de faire l'histoire de l'industrie humaine, nous n'en décrirons point les commencements observables encore chez quelques sauvages, et qu'on se représente d'ailleurs aisément. Le creux d'un rocher, une cabane d'écorce ou de feuillage, ce fut là d'abord que l'homme foible et nu chercha un abri