LIVRE VIIIe. — CHAPITRE 1er. l
lui sont, au toucher près, complètement étrangers. Notre nature , sous ce rapport , détermine dans l'Art deux grandes divisions correspondantes , Tune au sens de la vue, l'autre au sens de l'ouïe. De secrets liens les unissent sans doute , elles ont Tune et l'autre une source commune, un terme commun ; mais elles sont en même temps spécifiées par des différences aussi réelles, aussi profondes que le sont pour nous ces deux modes divers de percevoir et de sentir.
L'Art impliquant le sensible , le fini , comme un de ses éléments , Dieu n'est point l'objet de l'Art. Mais, sous la forme finie, extérieure, sensible, qui est l'objet de l'Art, se révèle quelque chose de lui, c'est-à-dire le type immatériel de cette même forme, l'éternelle idée qu'elle manifeste et qui l'illumine comme un rayon du Beau infini.
Le Beau infini est le Verbe ou le resplendissement, la manifestation de la forme infinie qui contient dans son unité toutes les formes individuelles finies.
Plus une forme finie s'en rapproche ou plus elle implique dans son unité relative de formes diverses harmoniquement liées, plus elle a de beauté ou plus elle participe au Beau infini , éternel.
Cependant la beauté dans la créature a encore une étroite relation au Bien, parce que le Beau et