‹ Esquisse d'une philosophie (volume 3)Chapitre 67 sur 247 · TOME III · texte numérisé non relu

TOME III

150 IIe PARTIE. — DE L'HOMME.

le Bien se résolvent dans le Vrai , qui est leur commun principe.

Supposez une forme de Tordre le plus élevé réalisée dans l'univers , cette forme incarnée constituera un être individuel, et cet être, dont la forme est impérissable, pourra être ou bon ou mauvais : d'où un double caractère de la même forme indivisible, selon la diversité des rapports dans lesquels Têtre qu'elle spécifie est avec Dieu , selon que par son amour prédominant il tend vers lui ou vers soi , selon qu'il viole les lois qui doivent le ramener au centre universel , ou qu'il y obéit ; car l'amour aussi s'empreint dans la forme et s'y manifeste. Appliquons ceci à un exemple que nous puiserons dans les croyances chrétiennes, parce qu'il éclairera d'autant mieux notre pensée que ces croyances sont plus absolues.

Au point de vue du christianisme , le Beau essentiel, en tant qu'objet de l'Art, c'est-à-dire manifesté sous les conditions de la limite ou de l'organisme, est le Christ, en qui l'idéal existe à son plus haut degré. Qu'est-ce , en effet, que le Christ? Le Verbe fait chair, le Dieu-Homme , l'être en qui l'amour substantiel a consommé l'union du fini et de l'infini, et qu'il pénètre, qu'il anime, comme il anime Dieu même. Le Verbe est descendu jusqu'à l'humanilé, l'humanité s'est élevée jusqu'au Verbe.

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