LIVRE VIIe.— CHAPITRE II
manifestations possibles de l'Etre essentiel , en tant que participable ou susceptible de limitation ; et dans ses rapports avec l'Art, le Beau n'est lui-même qu'une limitation du Beau typique, du Beau idéal ou infini : et c'est pourquoi, à mesure que l'homme, émergeant du monde inférieur comme l'astre enflammé monte au-dessus des vapeurs de l'horizon, vit plus de la vie spirituelle , l'Art aussi se spiritualise, bien que la forme sensible soit toujours un de ses éléments, ce qui le distingue de la pensée pure. Mais la pensée pure d'où procède la science contient elle-même deux choses, l'idée et l'expression de l'idée. L'idée incorporelle , indivisible , constitue seule la connoissance ; l'expression de l'idée, nécessairement finie ou nécessairement limitée pour des intelligences limitées, implique par-là même quelque chose de saisissable par les sens , et conséquemment elle retombe dans le domaine propre de l'Art, dont le développement, dès-lors, lié au complet développement de l'homme, n'a comme lui aucunes bornes assignables, est indéfiniment progressif comme lui.
Il agit premièrement sur la nature organique et inorganique pour la soumettre à sa puissance, pour la forcer de satisfaire à ses besoins, puis à ses désirs qui s'engendrent l'un l'autre éternellement : et aux désirs, aux besoins physiques se joignant bientôt des