‹ Esquisse d'une philosophie (volume 3)Chapitre 9 sur 247 · TOME III · texte numérisé non relu

TOME III

48 IIe PARTIE. — DE L'HOMME.

besoins, des désirs d'un autre ordre , ie sentiment du Beau s'éveillant en lui, son activité se dirige vers un terme qui, à son égard, n'existoit point auparavant. Il aspire à réaliser le modèle idéal qui se révèle à lui vaguement , à revêtir d'un corps la forme à demi-voilée , fugitive , qu'il a entrevue comme en un songe, et dont, revenu à soi, il contemple encore avec ravissement l'image ineffaçable dans son souvenir. Mais l'évolution complète de son être nécessite en outre celle de la pensée; savoir est aussi un besoin pour lui, et pour que ce besoin, le plus élevé de tous, soit satisfait, il faudra que son activité s'exerce dans une autre sphère, une sphère au-dessus des sens. Car si la connoissance des phénomènes s'acquiert par les sens, la connoissance des causes et de leurs lois, sans laquelle point de science véritable, est entièrement inaccessible aux sens; et de cette science dépendent, en ce qu'ils ont d'indéfini, les progrès mêmes qui l'ont précédés. C'est la science qui fournit à l'homme des armes pour vaincre la nature ; ce sont les pures conceptions de l'esprit qui dégagent de son obscure enveloppe le modèle que l'Art s'efforce de reproduire, le Beau infini, éternel.

Eritis sicut DU scientes . voilà le but assigné aux êtres intelligents. Ils aspirent à connoître d'une connoissance parfaite, d'une connoissance divine, à

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