LIVRE VIII9. •-* CHAPITRE III
d'expliquer la cathédrale chrétienne. Ajoutons, qu'elle présente une évidente combinaison des architectures antérieures, sans néanmoins en être ni la reproduction, ni l'imitation. Tout y est natif, inspiré. La ressemblance dérive d'idées analogues, mais rattachées à une conception générale différente. Ainsi les cryptes ménagées au-dessous des parvis, rappellent les temples souterrains de l'Egypte et de l'Inde. La voûte et la colonne, étroitement unies dans l'édifice supérieur, y représentent l'art romain et l'art grec, mais modifiés selon le caractère de la conception qu'ils doivent exprimer. Les arcs des voûtes forment en se croisant l'ogive montante, qui s'appuie sur des groupes de colonnes effilées. Chaque type a perdu quelque chose de sa beauté propre, mais l'ensemble a gagné en profondeur d'effet, en harmonie grandiose. Le temple indien donne le sentiment du travail interne de la Nature et de ses énergies. Ici la Nature apparoît dans la magnificence de son développement accompli. Or, les lignes arrêtées, inflexibles, les formes rigoureuses de l'architecture grecque et romaine, sont étrangères à la Nature dont l'expression, essentielle à l'art chrétien, constitue en partie sa puissance. Ces formes, ces lignes, introduites sans modifications dans la cathédrale chrétienne, y créeroient des dissonances choquantes. Plus achevés, les détails mômes nuiroient à l'effet