‹ Esquisse d'une philosophieChapitre 10 sur 245 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

Au défaut de tout ce qui nous manque, nous avons du moins essayé d'éviter cet écueil. Notre travail , dont nous ne publions aujourd'hui qu'une moitié, comprend trois Parties. Dans la première, fondement des deux autres, nous traitons de Dieu et de l'Univers; dans la seconde, de l'Homme; dans la troisième, de la Société.

Loin d'entreprendre de démontrer l'existence de Dieu et celle de l'Univers, nous les déclarons, au contraire, indémontrables. Ce sont, à nos yeux, les deux grands faits primitifs que suppose toute pensée, toute parole, tout acte intellectuel quelconque. Les nier , c'est se nier soi-même; s'affirmer , c'est les affirmer. Le but de la philosophie n'est pas de les prouver , mais de les concevoir , ainsi que leurs rapports, au degré où cette conception est possible; car une conception complète, absolue, seroit une conception infinie, et une conception infinie implique , dans un être fini, une contradiction manifeste.

En recherchant ce que l'Etre, selon l'idée la plus générale qu'on s'en puisse former,

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