LIVRE III0.— CHAPITRE II
en ce qu'elles offrent d'uniforme , pour constituer cette base positive dont nous venons de reconnoître la nécessité , elles ne doivent cependant pas , à beaucoup près, être dédaignées ; car, dépouillées même du caractère strictement historique que la foi seule, la foi religieuse , leur peut accorder, au moins nous apprennent-elles quelles furent les premières idées que l'homme , environné des merveilles de la Création , se fit de ses évolutions successives, d'après les connoissances qu'il possédoit alors. Moins restreintes peut-être que nous ne le supposons, qui sait jusqu'où elles purent s'étendre à l'aide d'une intuition directe plus puissante? L'intelligence, d'ailleurs, ne dut-elle pas avoir ses primitifs instincts plus prompts et non moins sûrs , dans leur vague généralité, que les procédés logiques ultérieurs? Toute première vision a quelque chose d'indéterminé , parce qu'elle embrasse l'ensemble que l'esprit anakse ensuite.
Quoi qu'il en soit, la plus solide base, la base vraiment positive de toute conception relative aux origines du monde extérieur, se compose des faits recueillis par la science , de certains faits astronomiques récemment aperçus pour la plupart , et de ceux que fournit l'inspection de notre globe , entre lesquels, à mesure qu'ils se multiplient, on commence à reconnoître un ordre de succession et de
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dépendance remarquable. L'observation géologique ne conduit cependant par elle-même qu'à un résultat partiel et borné ; savoir, Tordre de formation des couches superficielles de notre planète et des différents êtres qui , dans le progrès des temps , ont apparu sur sa surface. Toutefois , ce résultat combiné avec ce qu'un autre genre d'observation , celle des phénomènes célestes , planétaires et sidéraux , nous apprend de jour en jour, peut, en vertu des lois générales du monde , autoriser des conjectures d'une probabilité très-grande déjà.
La considération des rapports nécessaires qui existent entre les propriétés essentielles de l'Être , comparés à ce qu'on observe dans la production et le développement des êtres particuliers ? forme le point de vue spéculatif de la question qui a pour objet la formation de l'univers. Mais de ces faits particuliers au fait universel primitif , il y a si loin qu'on voit d'abord combien ce qu'on en peut déduire est incertain , jusqu'à ce qu'il ne reçoive une confirmation claire , directe , positive de la science , et spécialement de la géologie et de l'astronomie. Encore , après cela , doit-on se garder de croire qu'on ait saisi la vérité en elle-même , dans sa réalité intime et divine , exempte de toute obscurité , mais regarder les résultats où l'on sera parvenu comme une manière de concevoir l'origine des choses , leur genèse , en