‹ Esquisse d'une philosophieChapitre 107 sur 245 · LIVRE IIIe. — « CHAPITRE II. ISS · texte numérisé non relu

LIVRE IIIe. — « CHAPITRE II. ISS

partie relative à l'état actuel de notre raison et de nos connoissances ; n'oubliant jamais , en premier lieu , qu'une explication de ce genre , impossible à vérifier complètement par l'observation immédiate , ne sauroit guère être dès-lors qu'une classification des phénomènes suivant un ordre de succession conforme à ce que l'expérience nous apprend de leur développement effectif ; en second lieu , que, dans l'exposition même de la théorie, l'imperfection native de notre mode de conception , jointe à l'imperfection propre du langage, oblige à diviser ce qui est de fait constamment uni , c'est-à-dire , à considérer séparément , soit la substance , soit sa limite , soit chacune des propriétés qui y sont inhérentes , en faisant momentanément abstraction des autres , afin de mieux se représenter ce qui appartient à chacune d'elles dans la formation des êtres , et de spécifier plus nettement les différents états auxquels ces mêmes êtres peuvent subsister et subsistent en effet, selon que l'une de ces propriétés prédomine en eux, ou selon le degré de leur limitation ; quoique , en réalité, dans tout ce qui est, il y ait toujours substance et limite, force, intelligence ou forme , amour ou union et vie. Quand donc ce que nous dirons semblera supposer le contraire , on devra entendre , ou que nous considérons pour le moment telle ou telle propriété abstraitement en soi , ou que nous parlons

IS6 lrc PARTIE. — DE DIEU ET DE L'UNIVERS.

d'un certain état comparativement à un autre état , en un mot, dans un sens relatif et non absolu ; sans quoi , non-seulement on se méprendroit sur notre pensée réelle , mais encore on croiroit la trouver quelquefois en contradiction avec elle-même.

IIVHÉ III*. — CHAPITRE lit. 137

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