‹ Esquisse d'une philosophieChapitre 131 sur 245 · LIVRE 111°. — CHAPITRE XI. i · texte numérisé non relu

LIVRE 111°. — CHAPITRE XI. i

si elle résidoit dans la forme ; mais , comme elle constitue un principe différent de la forme et de la force, évidemment elle doit surmonter leur double résistance combinée. Or, tous les phénomènes de l'attraction se réduisent, dans leur origine et leur cause efficiente, à ce phénomène général de l'union de la force et de la forme , d'où résulte l'étendue actuelle.

Supposons maintenant deux corps libres à distance dans l'espace : doués chacun d'une puissance d'attraction proportionnelle à leur masse , ils s'attireront réciproquement; et, pour découvrir selon quelle loi, il suffit de considérer l'action que l'un des deux exercera sur l'autre. Soit donc le corps A qui attire le corps B. Si l'énergie attractive n'avoit à surmonter qu'une résistance simple , cette énergie ne dépendant alors , quant à son accroissement ou à son décaissement , que de la seule distance , sa loi, sous ce rapport, auroit évidemment pour expression la suite des nombres \ , 2, 5, 4..., 40, supposés marquer des unités de distance. Mais l'énergie attractive devant surmonter, non une résisstance simple, mais les résistances combinées ou multipliées l'une par l'autre, de la force et de la forme, chacun des termes de la suite numérique , qui exprime l'action de l'énergie attractive dans le cas d'une résistance simple, doit être multiplié par

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lui-même pour exprimer la même action dans le cas de deux résistances égales combinées , et alors on a , pour expression de la loi réelle d'accroissement et de décroissement de l'attraction , cette autre suite de nombres , 4,4,9, 46... 400; c'est-à-dire, qu'aux distances 2, 5, 4... 40, l'attraction d'un corps déterminé sera 4, 9, 46... 4 00 fois plus petite qu'à la distance un. L'attraction qui agiroit , dans la première hypothèse , en raison inverse des distances, agit donc , dans la seconde , nécessairement en raison inverse du quarré des distances : et c'est sa deuxième loi.

En tant qu'il unit entre elles les parties de l'étendue , l'amour agissant en raison de la masse , c'est-àdire proportionnellement au développement actuel de la substance par la force , son action est invariable , ou , en d'autres termes , partout où il y a la même masse , il y a la même attraction. Il n'en est pas ainsi de ia vie, qui , indépendante de l'étendue , et relative à la nature intime de l'être , sans relation directe à sa limite, est dès-lors , attendu l'innombrable diversité des natures, distribuée inégalement dans l'univers.

Or, le calorique n'étant que la vie même à l'état spécial et sous le mode particulier où la possèdent les êtres inorganiques , les lois du calorique doivent par conséquent différer des lois de l'attraction. Et

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